A Hideo Kojima Game
 
Metal Gear Solid V
The Phantom Pain


Développeur : Kojima Productions
Genre : Action/aventure
Plate-forme : PS3, Xbox 360, PS4, Xbox One, PC
Disponibilité : 1 septembre 2015
 
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Aimgehess

La fin de Metal Gear Solid V : 1984 tentatives d'interprétations

06/04/2016 à 18:00 par sheen
Note : Cet article contient de nombreux spoilers et des révélations importantes. Nous vous conseillons vivement de terminer le jeu avant la lecture de celui-ci.

Plusieurs mois après la sortie de Metal Gear Solid V : The Phantom Pain, la fin du jeu anime toujours les conversations. Plus que jamais, les joueurs sont divisés sur le sujet. Mais une chose est sûre, Hideo Kojima a réussi son pari ! Au delà du jeu, le débat passionne les fans !

La fin de Metal Gear Solid V : 1984 tentatives d'interprétations


Prologue

L'histoire de Metal Gear Solid V : The Phantom Pain relate les aventures de Venom Snake qui apprend, quelques temps après être sorti du coma, qu'il n'est pas le véritable Big Boss, mais son double (1). Il est un appât pour les yeux du monde, pendant que Big Boss crée Outer Heaven, une nation militarisée, dans le plus grand secret (2).

D'un côté, nous avons les joueurs qui acceptent la vérité telle qu'elle nous est présentée dans l'épisode 46 « Vérité ». Venom Snake est le joueur et le double de Big Boss. Il deviendra plus tard le Big Boss de Metal Gear tué par Solid Snake lors des événements de Outer Heaven.

De l'autre côté, nous avons les joueurs qui sont persuadés que la mission 46 « Vérité » n'en porte que le nom et n'est qu'un énorme mensonge fantasmé par Big Boss. Selon eux, notre héros serait devenu schizophrène parce qu'il n'accepte pas ses propres actes. C'est la raison pour laquelle, Big Boss s'imagine être quelqu'un d'autre, en l'occurrence son propre double : Venom Snake. Sa première « mort » dans Metal Gear face à Solid Snake marquerait ainsi symboliquement la fin de sa schizophrénie. En voilà une jolie métaphore !

La fin de Metal Gear Solid V : 1984 tentatives d'interprétations

Bien que les deux hypothèses soient très intéressantes, je suis convaincu que la première l'est davantage. Je pense que Venom Snake est bel et bien le double de Big Boss. Et si la seconde théorie résoudrait bien quelques mystères, comme ceux qui entourent le fameux Ishmael, elle apporte en revanche plus de problèmes qu'elle n'en résout. En effet, si Venom Snake est bel et bien le vrai Big Boss, que dire de son manque de repère par rapport à Kaz ? Comment expliquer la réaction de Huey en voyant Venom Snake la première fois en Afghanistan ? Pourquoi le test ADN de Eli ne correspond-il pas du tout avec le sien (3) ? Comment expliquer la réaction de Volgin qui arrête soudainement ses gestes meurtriers au poste de ravitaillement de Yakho Oboo ? Pourquoi Venom Snake est-il autant laconique par rapport à Miller ? Comment expliquer la conversation où Ocelot et Kaz discutent ensemble du fantôme de Big Boss ? Pourquoi Ocelot nous réprimande d'un « Tu n'es peut-être pas le Big Boss qu'on attendait, après tout » lorsque Venom Snake tue par inadvertance (ou non) l'un de ses hommes sur la Mother Base ? Etc...

La liste des nouveaux mystères engendrés par la théorie « Venom = le vrai Big Boss » est longue. Toutefois, les hallucinations d'un Big Boss schizophrène peuvent (trop ?) facilement résoudre ces problèmes. Sous l'angle de la schizophrénie, n'importe quel événement peut être le fruit de l'imagination de Big Boss, à l'instar des hallucinations sur Paz (4). C'est pourquoi, il est difficile d'essayer de prouver que Venom Snake est le double de Big Boss.

Mais je ne m'avoue pas vaincu pour autant !

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Le cadeau d'adieu de Hideo Kojima

Metal Gear Solid V : The Phantom Pain est le dernier Metal Gear signé par Hideo Kojima. L'homme qui ne voulait pas devenir « Monsieur Metal Gear » l'avait répété mainte fois, bien plus que d'habitude, et ce bien avant le divorce avec Konami.

Si on considère que les explications de la mission 46 « Vérité » sont bien réelles, Hideo Kojima s'adresse au joueur lorsque Venom Snake se regarde dans le miroir avant de le briser.

« Là où on est aujourd'hui ? C'est nous qui l'avons construit. Cette histoire, cette "légende", c'est la nôtre [...] Merci mon ami. À partir de maintenant, tu es Big Boss. »

Par le biais de Big Boss, Hideo Kojima nous remercie. Il nous explique que c'est aussi grâce à nous que la série est ce qu'elle est aujourd'hui. Et comme testament, il nous offre le plus grand rôle de la saga, la légende de Big Boss et l'honneur de boucler nous-même la boucle.

Depuis les débuts de la série, Hideo Kojima a sans cesse joué avec la relation entre ses personnages virtuels et le joueur réel, en brisant le quatrième mur. Le twist final « Venom Snake = le double de Big Boss » cadre et surtout conclut avec brio cette relation. En plus, la fin de Metal Gear, sorti en 1987, prend une tout autre dimension aujourd'hui. Symboliquement, le joueur s'affronte lui-même par le biais de Solid Snake contre Venom Snake (5).

La fin de Metal Gear Solid V : 1984 tentatives d'interprétations

Toutefois, le message et le cadeau d'adieu de Hideo Kojima n'existe plus avec la théorie « Venom Snake = Big Boss ». Ce deuxième twist est intéressant, je le concède. Mais il est beaucoup moins profond que le cadeau que nous offre Hideo Kojima. Certes, le quatrième mur est toujours brisé. Snake s'adresse à nous. Mais le joueur n'est pas plus Big Boss qu'il ne l'a été auparavant.

Avec la théorie « Venom Snake = Big Boss », il y aura toujours une frontière entre Big Boss et le joueur. Parce qu'en héritant du nom de Big Boss, le joueur hérite aussi de son passé. Alors que si Venom Snake est le double de Big Boss, le joueur devient le Big Boss qu'il souhaite. Avec Venom Snake, il écrit sa propre histoire, son avenir et sa propre légende. Il n'y a plus de frontière vidéoludique. Ainsi, les actes du joueur rejoignent celle du vrai Big Boss pour former la légende que le Monde retiendra dans ses pages d'Histoire.

Autre point quelque peu bizarre scénaristiquement parlant, les deux twists de cette théorie arrivent coup sur coup et s'annulent. En moins de vingt minutes, on apprend que nous sommes le double de Big Boss. Et puis finalement non, nous étions bien le vrai Big Boss. Comme si l'histoire toussotait, comme si Hideo Kojima n'assumait pas son idée jusqu'au bout...

Si la schizophrénie de Big Boss était la finalité pour Hideo Kojima, n'aurait-il pas été plus intéressant de faire croire dès le début au joueur qu'il jouait le rôle du double de Big Boss, et de lui révéler à la fin de l'aventure qu'il jouait le vrai Big Boss, plutôt que d'offrir ces deux grandes révélations rapidement, dans un mouchoir de poche, en toute fin de scénario ?

La fin de Metal Gear Solid V : 1984 tentatives d'interprétations


La « grande surprise » de Hideo Kojima

Mais laissons mes interprétations de côté quelques instants, et revenons un peu en arrière dans les archives du site. En juin 2013, Hideo Kojima avait annoncé qu'une grande surprise attendait les joueurs dans Metal Gear Solid V : The Phantom Pain. Ces propos n'étaient pas passés inaperçus à l'époque, d'autant plus que Kiefer Sutherland avait apporté, lui aussi, son petit grain de sel lors d'une de ses rares interventions.

« Nous avons une grande surprise qui attend les joueurs dans le jeu. Nous nous sommes surpassés pour réaliser quelque chose que les films ne pouvaient pas faire, mais seulement les jeux vidéo. Ceci n'a jamais été fait auparavant. »

Les propos de Hideo Kojima semblent, ici, confirmer que Venom Snake est bien le double de Big Boss, c'est à dire le joueur. En effet, il est impossible que le spectateur d'un film devienne lui-même le véritable héros de l'histoire, comme c'est le cas avec la théorie de « Venom Snake = le double de Big Boss ». En revanche, l'hypothèse « Venom Snake = le vrai Big Boss » peut parfaitement être adaptée au cinéma, comme le prouve l'excellent Fight Club de David Fincher.

En février 2014, IGN demandait à Kiefer Sutherland si le « nouveau » Snake allait être différent du précédent. L'acteur répondit, en souriant : « J'ai failli déraper et vous dire quelque chose que je n'ai pas le droit de dire ! Il y a un moment très important dans le jeu. De manière très similaire à [Jack Bauer dans] 24, [Snake] est, je l'espère, un peu plus à cran et en colère à cause de son histoire et... pour le reste vous devrez jouer au jeu pour le découvrir car il y a un secret, derrière tout ça, qui est très cool. »

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Kiefer Sutherland et Hideo Kojima (Show pré-E3 2013).


Plus tard, fin 2015, lors d'une interview avec Manabu Makime, Hitori Nojima (un écrivain et ami de Hideo Kojima) avait également précisé ce qui suit : « Hideo Kojima m'a envoyé un mail personnel pour me dire ceci :

Les jeux précédents n'avaient pas vraiment d'histoire. Metal Gear a fait partie des premiers titres à ajouter une histoire à son gameplay. Au fil des ans, nous avons raconté une histoire avec le joueur qui prenait le contrôle de Snake. La série a continué et le joueur sautait de personnage en personnage, comme Solid Snake et Naked Snake. L'histoire a évolué pour devenir la légende qu'est aujourd'hui la saga Metal Gear.

Pour le dernier Metal Gear en date, l'épisode final, il était logique de rendre Snake, le personnage principal, aux joueurs. Pour Hideo Kojima, c'est maintenant le joueur qui est le créateur de l'histoire, soulignant de cette façon que la boucle est bouclée. Pour Hideo Kojima, si les jeux étaient comme les films, la fin de « V » n'aurait jamais été possible. Ainsi, l'histoire que nous avons créée tous ensemble pendant des années revenait [de droit] aux joueurs. Telle est la véritable intention de "V". »


Le passage de flambeau est une nouvelle fois confirmé ici aussi.

Quelques jours après la sortie de Metal Gear Solid V : The Phantom Pain, Hideo Kojima lui-même publiait ces quelques mots sur Twitter. Nous sommes le 16 septembre 2015.

Twitter
"V" libère Snake des chaînes du destin et passe le flambeau aux joueurs - jusqu'alors liés à Snake - leur permettant de boucler le cercle de la légende. Cette conclusion ne devrait pas conduire à une douleur fantôme mais vers un espace vide qui pousse les joueurs à aller de l'avant.

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Twitter


Revolver "Shalashaska" Ocelot et Benedict "Kazuhira" Miller

Outre le fait que le message final de Hideo Kojima n'existe plus, la théorie « Venom = le vrai Big Boss » abandonne aussi les raisons dévoilées dans le jeu, où l'on apprend pourquoi Kaz retourne sa veste quelques années plus tard, pour aider Solid Snake.

À l'instar de chaque épisode de la série, Metal Gear Solid V : The Phantom Pain se termine sur le logo du jeu affiché sur un fond noir. Cette fois, on entend une conversation entre Ocelot et Kaz. Ce dernier vient d'apprendre que Venom Snake n'est pas Big Boss. Qu'il n'est que son fantôme. (6)

Bien que cette discussion mette un point final à MGSV : The Phantom Pain, elle ne s'est pas forcément déroulée après la dernière cinématique durant laquelle Venom Snake se regarde dans le miroir. En réalité, Hideo Kojima n'a pas placé cette conversation à la fin du jeu par hasard. Comme le dit si bien Rom1 dans notre forum, « la fin nous laisse un peu comme ces deux personnages. Soit on est Ocelot et l'on comprend (ou simplement accepte) les choix de Big Boss/Kojima, soit on réagit comme Miller et l'on se considère donc comme trahi par l'impact sur la saga. »

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Toutefois, la théorie « Venom = le vrai Big Boss » voudrait que cette conversation n'ait jamais eu lieu. Qu'elle ne soit qu'une hallucination de la part d'un Big Boss schizophrène.

Lors de cette conversation avec Ocelot, Kaz est très en colère d'apprendre qu'il a été trompé par Big Boss à propos de l'identité de Venom Snake. Il rage de constater qu'il a vraiment TOUT perdu, son ami, son avenir. C'est pourquoi, il se décide à continuer d'aider Venom Snake, afin que celui-ci surclasse un jour le véritable Big Boss qui l'a lâchement abandonné.

Kaz : « Big Boss peut bien aller en enfer. Je rendrai son fantôme et ses fils plus forts pour l'y expédier. Pour cela, je dois continuer à jouer mon rôle. »

Ocelot : « Si un jour tu retournes auprès de Cipher, j'aiderai son autre fils. Et toi et moi nous serons ennemis. L'un de nous devra tuer l'autre. »

Des explications importantes qui font clairement le pont entre The Phantom Pain, Metal Gear, Metal Gear 2 et Metal Gear Solid. Mais étant incompatibles avec l'hypothèse « Venom Snake = Big Boss », ces explications sont balayées par les défenseurs de cette théorie, estimant qu'il s'agit-là d'une simple hallucination d'un Big Boss schizophrène.

Selon eux, si Big Boss est capable de s'imaginer Paz à l'infirmerie, il peut très bien halluciner ce genre de conversation.

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Paz Ortega Andrade

Pour Paz, nous sommes tous d'accord, il s'agit bien évidemment d'une hallucination.

Et cette hallucination me conforte justement dans l'idée que Venom Snake est bien le double de Big Boss. En tant que médecin au plus profond de lui, il est hanté d'être passé à côté de la seconde bombe cachée dans le corps de Paz, lors de son opération rapide et forcée, dans l'épisode « Ground Zeroes ». Cette hallucination est donc le fruit visible de ses regrets.

Notez que ces hallucinations apparaissent dans un endroit qui est loin d'être anodin : l'infirmerie de la Mother Base. Quand on sait que des images, des lieux, des objets peuvent raviver des (bribes de) souvenirs à des personnes devenues amnésiques, l'infirmerie de la Mother Base peut très bien jouer ce rôle, en particulier pour un médecin. Dans ce cas-ci, l'hypnose pratiquée sur Venom Snake peut y rencontrer des faiblesses.

Dans le cas où Venom Snake serait le vrai Big Boss, pourquoi n'a-t-il pas halluciné sur Chico, en plus de Paz, sachant pertinemment qu'ils sont morts tous les deux ? Contrairement au médecin, Big Boss devrait culpabiliser en apprenant que les deux enfants (et non pas uniquement Paz) ont été tués sous sa protection, alors que lui, il est toujours en vie aujourd'hui.

Je sais qu'une cassette secondaire évoque très rapidement le sort funeste de Chico (7). Il n'empêche que les hallucinations de Snake prennent le pas sur la raison. Par exemple, comment a-t-il été aussi naïf de croire que, neuf ans après, la cicatrice de Paz soit toujours aussi marquée, comme si elle datait d'hier ? Mais peut-être que la présence de Chico nous aurait mis la puce à l'oreille.

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Big Boss et son histoire

Je lis souvent l'argument selon lequel on ne voit pas Big Boss devenir un démon, dans l'hypothèse où Venom Snake est le double de Big Boss.

Pourtant, je trouve que c'est le cas ! En acceptant de créer son double, Big Boss est devenu un lâche, n'ayons pas peur des mots. Il est devenu ce qu'il a toujours combattu : un manipulateur, un marionnettiste dans l'ombre.

Pour feindre la mort, Big Boss n'hésite pas à tromper et à sacrifier sur l'autel de l'Histoire les deux personnes qui lui sont les plus proches, à savoir Miller et nous même, joueurs (Venom Snake). Il est clair que si Venom Snake a été choisi pour devenir Big Boss, c'est parce qu'il n'a pas hésité à se sacrifier pour protéger Big boss dans Ground Zeroes. En devenant Big Boss aux yeux du monde, il continue à protéger le vrai Big Boss. « Un détour dans son voyage vers l'enfer » précise Revolver Ocelot (2). Néanmoins, l'attitude du vrai Big Boss pour ses deux camarades marque un tournant dans son histoire. En plus, même si ce n'est pas lui qui appuie sur la gâchette, tout l'hôpital militaire britannique de Dhekelia a également été sacrifié pour sa cause.

La fin de Metal Gear Solid V : 1984 tentatives d'interprétations
Artwork de MGSV : The Phantom Pain dévoilé lors de l'interview de Joakim Mogren.


Dans l'ombre, Big Boss crée Outer Heaven. Et quand sa propre situation commence à sentir le roussi, il sort Venom Snake de son « coma » hypnotique pour qu'il fasse une nouvelle fois le sale boulot à sa place. Un destin bien sombre pour Venom Snake, lui qui était médecin et qui sauvait des vies par le passé, avant de devenir par obligation le double de Big Boss.

Hideo Kojima nous avait promis de vivre et de découvrir les raisons pour lesquelles Big Boss allait devenir un « méchant ». Je me souviens qu'à l'E3 2014, Hideo Kojima avait été un peu plus précis à ce sujet. Et comme le dit si bien Friedrich Nietzsche, « le diable [démon ?] se cache dans les détails », voici la citation précise de Hideo Kojima :

« The Phantom Pain débute en 1984, et chacun sait ce qui arrive à la fin du jeu, quand Big Boss crée Outer Heaven. À travers ce titre, je veux accompagner le joueur pour aider Big Boss à y parvenir. Tout le monde sait que Big Boss devient le méchant, et que Solid Snake devient le joueur. Tout cela est très délicat. Il est difficile pour le joueur de devenir le méchant. Je dois donc trouver un équilibre afin que le joueur comprenne pourquoi cela arrive, et qu'il découvre l'origine de tout cela. En terme de gameplay, je ne veux pas que les gens s'arrêtent de jouer : "Je suis en train de devenir le méchant, je m'arrête là !" C'est pourquoi, je dois garder une certaine part d'héroïsme dans ce personnage. »

La fin de Metal Gear Solid V : 1984 tentatives d'interprétations


« Je comprends comment. Je ne comprends pas pourquoi. » (a)

La question sur l'identité de Venom Snake a vraiment le mérite d'exister. Malheureusement, de nombreux défenseurs de la théorie « Venom = Big Boss » restent bien souvent trop attachés à des détails techniques, occultant toute la poésie et le symbolisme que nous offre le titre de Hideo Kojima. Plutôt que d'enrichir ce débat passionnant, ces joueurs semblent vouloir emprunter le chemin le plus direct pour arriver à leur fin, et dissoudre ainsi leur frustration inavouable, celui d'avoir été trompés une énième fois par Hideo Kojima, ou pire, pour n'avoir pas vécu le dernier MGS aux côtés du véritable Big Boss qu'on attendait tous. « On avait toujours dans l'estomac et dans la peau une sorte de protestation, la sensation qu'on avait été dupé, dépossédé de quelque chose à quoi on avait droit. » (b)

Bien souvent, cette partie du débat est totalement stérile. Tout argument contradictoire est instantanément classé dans la case « hallucination de Big Boss » pour y être rapidement oublié et vaporisé. Ici, les hallucinations ont remplacé les nanomachines. Elles sont capables d'expliquer n'importe quel problème. Certains joueurs répètent même des arguments considérés comme étant indubitables qu'ils ont lu à gauche et à droite, sans prendre la peine de s'informer par eux-mêmes, et de réfléchir. « Ils avalaient simplement tout, et ce qu'ils avalaient ne leur faisait aucun mal, car cela ne laissait en eux aucun résidu, exactement comme un grain de blé qui passe dans le corps d'un oiseau sans être digéré » (c).

C'est pourquoi, je vais consacrer ce chapitre en jouant à ce petit jeu, en m'attardant sur des détails techniques. C'est peut-être une façon pour moi de tourner la page sur cette partie du débat. Pour cela, je vais répondre aux questions publiées dans les commentaires du site. Toutefois, comme pour la première partie de cet article, je ne fais qu'exposer ma propre interprétation, sans affirmer de vérité...

La fin de Metal Gear Solid V : 1984 tentatives d'interprétations


La mission « Vérité » fait référence à 1984 de George Orwell.
Tout est donc mensonge !

« Il y avait des jours où on y croyait, des jours où on n'y croyait pas. On ne possédait pas de preuves, mais seulement des vacillantes lueurs qui pouvaient tout signifier, ou rien. » (d)

Metal Gear Solid V : The Phantom Pain se déroule en 1984. Cette année n'a pas été choisie par hasard. Hideo Kojima rend hommage à l'œuvre de George Orwell en faisant débuter les événements du jeu cette année-là. Plus qu'un clin d'œil, des thèmes du livre 1984 sont bien ancrés tout le long du jeu, parfois discrètement, souvent avec évidence. « Depuis que nous avons fait Metal Gear Solid 3, j'ai toujours voulu réaliser un jeu qui se déroule en 1984 » expliquait Hideo Kojima en juin 2013. « De plus, 1984 est également le titre d'un roman de George Orwell et Metal Gear Solid V proposera des thèmes Orwelliens. » Profitons-en pour en citer quelques-uns !


Big Brother

Les références au roman de George Orwell sont nombreuses dans Metal Gear Solid V, la plus connue étant, sans aucun doute, l'affiche de « Big Boss is watching you ! » placardée un peu partout dans la Mother Base faisant référence à celle de Big Brother de 1984. Outre le fait que Big Boss partage les mêmes initiales que Big Brother, les deux personnages sont des hommes de l'ombre (8). « Il était impossible de savoir jusqu'à quel point la légende de Big Brother était vraie ou inventée » est-il écrit dans les pages du livre de 1984 (e). Une définition qui rejoint la légende de Big Boss décrite par Big Mama dans Metal Gear Solid 4 : Guns of the Patriots. (9)

Mais l'idée de Big Brother peut aussi faire référence aux Patriots (10), dont le mystère débuta avec Metal Gear Solid 2 : Sons of Liberty. « Personne n'a jamais vu Big Brother. Il est un visage sur les journaux, une voix au télécran. Nous pouvons, en toute lucidité, être sûrs qu'il ne mourra jamais et, déjà, il y a une grande incertitude au sujet de la date de naissance. » (f) J'en reparlerai un peu plus tard.

La fin de Metal Gear Solid V : 1984 tentatives d'interprétations La fin de Metal Gear Solid V : 1984 tentatives d'interprétations


Bombes atomiques

Le monde de 1984 a également été ravagé par la guerre atomique, à Colchester par exemple. Un thème cher à Hideo Kojima depuis le premier Metal Gear.


La Salle 101

La « Pièce 101 » de la plateforme de commandement où sont interrogés et torturés Huey et Quiet est une référence à la « Room 101 » du roman. Dans 1984, la Salle 101 est une pièce que redoutent tous les prisonniers dissidents du Parti de Big Brother. Ils vendraient littéralement père et mère pour ne pas s'y rendre. Car dans cette pièce, les pires sévices imaginables y sont pratiqués sans vergogne. Non pas pour y faire avouer les pauvres prisonniers, mais pour les persuader qu'ils ont été témoins d'hallucinations. Un véritable lavage de cerveau d'une violence crasse, parfois durant des années, qui se conclura toujours par une balle dans la nuque des prisonniers, avant de les faire disparaître de l'Histoire. Dans la Salle 101 de 1984, l'esprit humain est déchiré en morceaux, qui sont rassemblés ensuite sous de nouvelles formes que le Parti a choisies. Mais nous sommes bien loin des attentions de Revolver Ocelot ou de Miller lorsqu'ils torturent Huey ou Quiet.

La fin de Metal Gear Solid V : 1984 tentatives d'interprétations


La Guerre c'est la Paix

Le discours de Skull Face est lui aussi teinté de 1984 lorsqu'il explique à Venom Snake que « cette guerre c'est la paix ». Cette citation est sortie tout droit de l'œuvre de George Orwell. À première vue, ces mots semblent totalement contradictoires. Aussi bien dans les plans de Skull Face (détaillés dans le jeu) que dans le livre de 1984 (11), la guerre est le lien qui unit tous les pays, même si pour y arriver, les deux œuvres parcourent des chemins bien différents (12).


Diamond Dogs

Le nom des Diamond Dogs est lui-même inspiré de l'album éponyme de David Bowie qui devait être originellement l'adaptation musicale du roman 1984 avant que les héritiers de George Orwell refusent les droits au célèbre chanteur britannique.


Chirurgie et amputation

La Fraternité, un groupe qui se révolte du régime totalitaire de Big Brother, a recours à des chirurgiens qui peuvent changer le visage des adhérents et les rendre absolument méconnaissables pour arriver à leurs fins. Parfois l'amputation d'un membre est même nécessaire.

La fin de Metal Gear Solid V : 1984 tentatives d'interprétations


Le temps

Dans le livre 1984, le personnage principal, Winston Smith, n'a jamais vraiment la certitude d'être en 1984. Parallèlement, dans Metal Gear Solid V : The Phantom Pain, le joueur est confronté à des personnages tels que Miller, Big Boss et Skull Face. Tous semblent n'avoir que peu vieilli, voire pas du tout. Neuf ans sont passés, mais Skull Face (13) est habillé exactement de la même manière, comme si les événements de Ground Zeroes s'étaient déroulés la veille. C'est un sentiment curieux qui, même inconscient, projette le joueur dans une atmosphère intrigante où la méfiance plane sans visage précis. Toutefois, même si le temps semble s'être arrêté sur quelques personnages principaux, il est difficile de douter de la période du jeu. Lors de certaines conversations enregistrées sur cassettes, Ocelot et Venom Snake parlent de l'actualité du moment, qui a lieu entre 1980 et 1984. (14)


La poursuite du passé

Dans 1984, Winston Smith essaie de retrouver des bribes de son passé, de son histoire, de l'Histoire en général. Il ne fuit pas pour l'oublier, comme le ferait un Big Boss Schizophrène. Dans Metal Gear Solid V : The Phantom Pain, même si Venom Snake précise bien à Kaz que ce n'est pas pour le passé qu'ils se battent mais pour l'avenir, il essaie lui aussi de retrouver la grandeur de sa Mother Base passée, et de revêtir sa légende qu'il n'a plus endossée depuis neuf ans.

La fin de Metal Gear Solid V : 1984 tentatives d'interprétations


La puissance de la langue

Dans son article, Juliette explique très bien l'un des thèmes de Metal Gear Solid V : The Phantom Pain et la citation de Emil Cioran. « Quand tu évoques un simple mot, tu l'exprimes chargé de tout son sens social et historique, il n'est pas flottant mais ancré dans la société. » Dans 1984, il y a un thème similaire avec la puissance de la langue. Le novlangue, langue officielle de l'Océania, fut inventé pour répondre aux besoins du Parti de Big Brother. Son but est, non seulement de fournir un mode d'expression aux idées générales et aux habitudes mentales des dévots du Parti, mais aussi de rendre impossible tout autre mode de pensée.

En d'autres mots, lorsque le novlangue est définitivement adopté, toute idée hérétique est littéralement impensable, du moins dans la mesure où la pensée dépend des mots. Le novlangue est destiné, non pas à étendre, mais à diminuer le domaine de la pensée. Comparé au nôtre, le vocabulaire novlangue est minuscule. Il s'appauvrit au fil du temps. Car s'il y a de moins en moins de choix dans les mots, il y a aussi moins de tentation pour réfléchir. Les gens deviennent donc parfaitement malléables. (15)


Double pensée

La cassette baptisée « Doublepensée » est également une référence au livre 1984. Bien plus qu'une référence, le jeu reprend le concept de la double pensée de George Orwell en devenant un élément primordial du jeu. Dans cette fameuse cassette, Ocelot rend visite à Big Boss qui est à l'hôpital. À ses côtés, dans un autre lit, Venom Snake n'est pas encore conscient. Le début de ses aventures est imminent. En attendant, Ocelot explique à Big Boss qu'il va avoir recours à la double pensée pour se persuader que Venom Snake est Big Boss, mais aussi pour oublier que le vrai Big Boss est ailleurs, en train de construire Outer Heaven dans le plus grand secret.

La double pensée est un mot novlangue, qui veut dire « Contrôle de la Réalité ». C'est à la fois connaître et ne pas connaître. En pleine conscience et avec une absolue bonne foi, Ocelot émet des mensonges soigneusement agencés. Il retient simultanément deux opinions qui s'annulent alors qu'il les sait contradictoires et il croit à toutes les deux. Il oublie tout ce qu'il est nécessaire d'oublier, puis il le rappellera à sa mémoire quand il en aura besoin, pour oublier plus rapidement encore. C'est un acte très subtil, car c'est persuader consciemment l'inconscient, puis devenir ensuite inconscient de l'acte de l'hypnose que l'on vient de perpétrer. Comme l'écrit George Orwell dans son livre, la compréhension même du mot « double pensée » implique l'emploi de la double pensée. Ainsi, si Ocelot décide que deux plus deux égale cinq, il le croira dur comme fer. En d'autres mots, Ocelot croit davantage que Venom Snake est Big Boss, plutôt que de le savoir. (2)

La fin de Metal Gear Solid V : 1984 tentatives d'interprétations


La Vérité

Tous les arguments de la théorie « Venom = Big Boss » reposent entièrement sur un seul raisonnement que beaucoup d'adeptes considèrent comme étant indubitable. D'après eux, le nom « Vérité » de l'épisode 46 ferait référence au Ministère de la Vérité du roman 1984, où les archives historiques sont remaniées pour qu'elles correspondent au passé de la version officielle du Parti de Big Brother. Pour eux, les éléments et les conclusions dévoilés dans le chapitre 46 de Metal Gear Solid V ne peuvent donc qu'être erronées dans le but de tromper le joueur. Venom Snake ne serait donc pas le double de Big Boss, mais bien Big Boss lui-même.

Pour ceux qui ont lu le livre de George Orwell, cet argument est un raccourci facile. En réalité, le Ministère de la Vérité a de multiples tâches qui ne se résument pas seulement à falsifier le passé. En effet, « l'activité essentielle du Ministère de la Vérité n'est pas de reconstruire le passé, mais de fournir aux citoyens de l'Océania des journaux, des films, des manuels, des programmes de télécran, des pièces, des romans, le tout accompagné de toutes sortes d'informations, d'instructions et de distractions imaginables, d'une statue à un slogan, d'un poème lyrique à un traité de biologie et d'un alphabet d'enfant à un nouveau dictionnaire novlangue ». (g)

En revanche, Winston Smith, travaille au Commissariat aux Archives qui est chargé de mettre le passé à jour, sans aucune mention de modification, afin que le Parti puisse prouver, avec des documents à l'appui, que ses prédictions s'étaient trouvées vérifiées. L'Histoire est grattée et réécrite aussi souvent qu'il était nécessaire. Vous noterez ainsi que le lien entre le nom du chapitre « Vérité » et du livre 1984 est loin d'être aussi évident que les adeptes de la théorie « Venom = Big Boss » aiment vouloir le dire.

La fin de Metal Gear Solid V : 1984 tentatives d'interprétations

Si les références à l'oeuvre de George Orwell sont nombreuses dans Metal Gear Solid V, ce n'est pas forcément le cas pour le chapitre « Vérité » dans lequel Venom Snake est informé de sa véritable identité. Il est le fantôme de Big Boss.

Car qui dit fantôme (16), dit aussi Skull Face (17). En effet, le commandant des XOF est l'autre fantôme de Big Boss. Lors de son dernier discours adressé à Venom Snake, l'homme sans visage raconte longuement les raisons pour lesquelles il est devenu son adversaire. « Ma patrie, ma vérité m'ont été volées. Comme le fut mon passé. Il ne me reste que l'avenir. » Cette vérité fait évidement référence à son identité. Elle lui a été volée alors qu'il était encore un jeune enfant. Arraché des siens par des soldats étrangers, Skull Face a perdu ses repères et la guerre a bouleversé radicalement sa personnalité. Dans le chapitre « Vérité », il est question de l'identité de Venom Snake, sa vérité. La vérité du deuxième fantôme de Big Boss. À l'instar de Skull Face, il ne lui reste que l'avenir. Telle est ma propre interprétation du titre de l'épisode 46 « Vérité ».

Les dangers du traitement de l'information que dénonce 1984 sont largement traités à travers toute l'aventure de Metal Gear Solid V : The Phantom Pain (18). Le jeu raconte une vérité, en laissant une part de mystère. Mais en aucun cas, MGSV n'impose, à propos d'un événement, que « cela ne fut jamais » comme le fait le Parti de la Vérité dans 1984 en falsifiant ses archives. (h)

Plutôt que le titre de l'épisode, c'est la citation de Friedrich Nietzsche qui annonce la couleur de l'expérience que nous offre Hideo Kojima avec The Phantom Pain. « Les faits n'existent pas, il n'y a que des interprétations » nous prévient le philosophe allemand. Rappelez-vous. Du premier artwork « Big Boss wants You ! » jusqu'au chapitre 46, Hideo Kojima nous a donné une véritable leçon de vie en illustrant avec brio la citation de Nietzsche. « Les faits n'existent plus, il n'y a plus que l'interprétation que l'on a des images que l'on nous expose » expliquait Juliette dans son article. En effet, avec The Phantom Pain, nous pensions qu'on allait vivre la légende de Big Boss telle que nous l'avions imaginée, grâce aux images ou aux trailers qui nous ont nourris pendant trois ans.

Mais la vérité fut tout autre, si éloignée et si proche à la fois. Car nous avons bien vécu la légende de Big Boss, mais avec ses exagérations et ses mensonges élaborés par Zero et surtout la légende décrite, quelques années plus tard, par Big Mama dans Metal Gear Solid 4. L'absence physique du « vrai » Big Boss plane sur Metal Gear Solid V : The Phantom Pain comme elle a toujours plané dans la série « Solid ». La légende de Big Boss s'impose finalement comme le symbole d'un héritage que tous se disputent, aussi bien les personnages que nous, les joueurs, aujourd'hui. Mais à la fin de l'histoire, au terme de la saga, c'est le joueur qui l'emporte, parce que le rôle, l'avenir, la légende de Big Boss lui sont offerts par Hideo Kojima.

La fin de Metal Gear Solid V : 1984 tentatives d'interprétations
Déjà en mars 2013, Big Boss nous informait qu'il avait besoin de nous
pour sa prochaine aventure !



Le chirurgien manque de cohérence !

À partir du postulat indubitable selon lequel le titre de l'épisode 46 confirmerait que tout n'est que mensonge, les défenseurs de la théorie « Venom = Big Boss » s'attaquent ensuite à des éléments plus concrets, moins symboliques, plus techniques, oubliant pourtant que Metal Gear Solid V : The Phantom Pain est un jeu vidéo.

Dans ce cas-ci, la théorie voudrait que le chirurgien manque de cohérence quel que soit l'épisode du jeu. Pourtant, plusieurs détails importants ne changent pas. « Vos ennemis sont partout. Nous devons modifier votre apparence tout de suite. J'ai peur que ce soit le seul moyen pour vous de sortir d'ici vivant » nous confie le chirurgien, dans le prologue et dans la mission 46.

Pour les adeptes de la théorie « Venom = Big Boss », nous sommes confrontés ici à une incohérence de taille. Alors que Venom Snake se réveille avec le visage de Big Boss dans le prologue, le médecin lui propose de modifier son visage pour tromper ses ennemis. Dans la mission 46, Venom Snake ouvre les yeux avec son propre visage et le médecin lui propose de changer son apparence en celle de Big Boss, alors que le visage de ce dernier est pourtant bien connu de ses ennemis. Vous avez dit illogique ? Objection !

L'interprétation des paroles du chirurgien citées ci-dessus est évidemment très différente pour le joueur quand il les entend pour la première fois au début de son aventure, que lorsqu'il la termine. Dans le prologue, Venom Snake a le souvenir de se réveiller de son coma avec le visage de Big Boss. Il interprète donc les paroles du chirurgien comme étant le vrai Big Boss : « Je suis Big Boss, je dois donc changer d'apparence pour me protéger ». Ceci illustre parfaitement l'état d'esprit dans lequel se trouve le joueur en commençant le jeu pour la première fois. « Big Boss se réveille, après toute cette attente, découvrons enfin ce qui lui arrive ! » L'état d'esprit du joueur, à ce moment précis de l'aventure, est d'ailleurs bien résumé par Hideo Kojima en juin 2016 : « Au début de The Phantom Pain, Snake se trouve dans une situation similaire à celle du joueur qui joue à son premier Metal Gear Solid. Il y a un grand vide à combler. »

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Lâché dans le monde ouvert de Metal Gear Solid V, Venom Snake a souvent été confronté à des choix plus ou moins importants. Le joueur pouvait, par exemple, choisir de sauver Quiet ou de la tuer, d'aller prendre des nouvelles de Paz, ou encore la façon dont il souhaitait accomplir ses missions. Jamais un Metal Gear Solid ne nous avait offert une liberté comme celle-ci, jamais Snake n'a été aussi maniable qu'avec Metal Gear Solid V. Et pour cause, nous ne jouons pas aux côtés de Venom Snake, nous sommes Venom Snake. La vérité était devant nos yeux, dans nos mains, dans nos choix. Et puis, qui n'a pas été interpellé par un élément étrange dans sa partie, avant d'arriver à la mission 46 ?

Et là, soudainement, parmi les missions à refaire une deuxième fois, on nous offre l'épisode 46. La seule mission où la liberté n'a pas jamais trouvé sa place. Ici, Hideo Kojima nous impose de refaire la mission qu'il a toujours considérée comme étant une sorte de didacticiel du jeu. Quoi ?! Un didacticiel après une centaine d'heures de jeu ?! C'est dans état d'esprit étrange que le joueur aborde cette toute dernière mission. C'est le début du déclic du joueur qui se demande à quelle sauce Hideo Kojima va le manger...

Ce déclic, Hideo Kojima l'a métamorphosé dans le jeu par le biais d'une cassette enregistrée par Big Boss. Alors, quand la cassette génère un déclic dans son esprit dans la mission 46, Venom Snake se rappelle qu'il a, en réalité, ouvert les yeux avec son propre visage. « Je suis un MSF qui a fuit la mort lors de l'attaque de la Mother Base, je dois donc changer d'apparence pour me protéger. » Dans ce deuxième cas de figure, la chirurgie a bien eu lieu. Toutefois, ni le médecin, ni le jeu ne demandent au joueur ce qu'il souhaitait comme nouveau visage. On lui a imposé le visage de Big Boss. Un choix certes curieux au premier abord, mais qui sera expliqué à la fin de l'épisode : Venom Snake doit jouer le double de Big Boss.

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Un changement de visage en 48 heures ? C'est impossible !

Les défenseurs de la théorie « Venom = Big Boss » ont tendance à oublier que Metal Gear Solid V est un jeu vidéo. Pourtant, The Phantom Pain ne cesse de le rappeler. Par exemple, lorsque Venom Snake se réveille, le médecin invite le joueur à presser sur les touches de sa manette pour regarder en haut, en bas, à gauche et à droite. Plus tard, Venom Snake peut même admirer une affiche d'un jeu vidéo dans un des couloirs de l'hôpital chypriote, en l'occurrence un poster de Metal Gear Solid V : Ground Zeroes, le prologue du jeu dans lequel Venom Snake se réveille.

Dès lors, comment peut-on parler de réalisme quand on voit un enfant qui vole, lorsqu'on croise un homme en flammes invincible (19), des Skulls aux aptitudes surhumaines ou quand on doit combattre un Metal Gear Sahelanthropus contrôlé par la pensée ?

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Le chirurgien montre à Venom Snake sa véritable identité.
C'est illogique !

Metal Gear Solid V : The Phantom Pain étant un jeu vidéo et se revendiquant comme tel, il était important pour Hideo Kojima que Venom Snake s'entremêle les souvenirs pour tromper le joueur, sur le plan vidéoludique. Lorsque le chirurgien montre à Venom Snake les deux photos et le petit mot de Big Boss adressé au joueur [un jeu vidéo je vous dis !], la scène a évidemment pour objectif de nous faire comprendre l'identité de Venom Snake.

Mais de manière symbolique, on peut également interpréter ce geste, ce cadeau comme étant le dernier « repas » du condamné qui va bientôt perdre sa propre identité et son passé.

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Venom Snake peut tout avoir inventé, puisqu'il imagine
l'existence de Paz !

Au début du jeu, le médecin et Ocelot préviennent Venom Snake d'un danger potentiel. En effet, le shrapnel qui se trouve dans son crâne exerce une pression sur le nerf optique de Venom Snake. N'importe quel impact violent peut causer un effet sur son cortex visuel. Dès lors, son cerveau peut traiter de manière incorrecte les informations visuelles. En d'autres mots, il peut avoir des hallucinations. Il peut voir des choses qui ne sont pas là (Paz) ou ne pas voir les choses telles qu'elles sont réellement (vision de couleurs pâles). (4)

Il est important de souligner que le prologue s'est déroulé entre les avertissements du chirurgien (plutôt centrés sur les hallucinations) et ceux de Revolver Ocelot (plutôt axés sur les problèmes de perception de couleurs).

Une grande partie de ce prologue a largement été dévoilée lors de la campagne marketing de MGSV. Si bien qu'avant même de lancer le jeu pour la première fois, le joueur s'imaginait déjà que Venom Snake allait avoir affaire à de nombreuses hallucinations durant le début du jeu. Les propos du chirurgien renforcèrent ce sentiment, une fois la manette en mains. Ishmael et sa disparition soudaine, l'enfant qui flotte, l'homme en feu, la licorne, la baleine dans le ciel avalant un hélicoptère,... Tant d'éléments étranges qui poussèrent le joueur à s'imaginer qu'il aura affaire pendant le jeu à des hallucinations fantastiques.

Et pourtant, la seule hallucination à laquelle Venom Snake et le joueur ont été confrontés est celle sur Paz dans l'infirmerie de la Mother Base. Bien loin des éléments fantastiques du prologue, comment le joueur pouvait-il imaginer que la jeune femme soit le fruit d'une hallucination ? En outre, après de nombreuses heures de jeu, tous les événements étranges du prologue sont peu à peu expliqués de façon concrète. Dès lors, la surprise sur le dénouement au sujet de l'existence de Paz à la fin du jeu ne pouvait qu'être plus grande.

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N'importe quel impact violent peut causer un effet sur le cortex visuel de Venom Snake.
Eli en fera les frais lors de la fameuse mission 51 « Le Royaume des Mouches ».




Zero ne reconnaît pas Big Boss lorsqu'il vient lui rendre visite ! Pourtant le médecin n'a pas encore pratiqué une chirurgie sur Venom Snake. C'est illogique !

Voilà une autre preuve pour les adeptes de la théorie « Big Boss est schizophrène » que Venom Snake n'a pas subit de chirurgie. Mais alors, comment son pire ennemi ne l'a-t-il pas reconnu ?!

Un jour, Zero se rend à l'hôpital pour rendre visite à Big Boss une dernière fois. Lorsqu'il entre dans la chambre, deux lits font face à lui. Zero ne reconnaît pas Big Boss, si bien qu'il doit s'informer. (30) Mais est-ce vraiment si surprenant ? Nous sommes en 1977, soit deux années après les événements de Ground Zeroes. Big Boss et Venom Snake sont tous les deux dans le coma. À l'écoute de la cassette qui relate cette dernière visite, on distingue clairement deux assistances respiratoires. C'est dire dans quel état les nos deux héros se trouvaient à l'époque. Ajoutons à cela la présence de bandages pour cacher les visages des deux hommes. Rappelez-vous des paroles du chirurgien : « À vrai dire, ces bandages ont surtout servi à vous cacher d'éventuels agresseurs ». Sans oublier que Zero est loin d'être au milieu de sa forme, lui qui est mourant à cause d'un parasite (29).

Dès lors, le fait que Zero ne reconnaisse pas Big Boss est-il toujours si surprenant ?(20)

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Zero rendant visite à Naked Snake dans Metal Gear Solid 3 en 1964.



Les cassettes de la vérité sont fausses !

Pour enrichir le jeu, certaines cassettes ne sont adressées uniquement qu'au joueur, tels que Les Enregistrements Secrets de Skull Face et Code Talker, Les Hamburgers de Kazuhira Miller, etc. C'est aussi le cas pour Les Enregistrements de la Vérité. Je ne pense pas qu'elles soient le fruit d'une manipulation et d'une falsification d'informations, comme les archives traitées dans 1984. Car dans l'œuvre de George Orwell, c'est la totalité des archives de l'Océania qui est constamment mise à jour. Dans le cas des Enregistrements de la Vérité, certains d'entre eux sont des archives bien réelles et facilement vérifiables, tels que : Les Enfants Terribles, L'économie de Guerre, Contrôle de l'information par Cipher, Zero a été attaqué [2], L'explication de Paz : Localisation de Zero, etc.

En revanche, les cinq cassettes du « Journal de Paz » n'existent pas. Elles matérialisent le mal être de Venom Snake pour le joueur. Il s'agit, ici, d'un moyen vidéoludique de partager pour les joueurs les sentiments de culpabilité de Venom Snake.

Paz a disparu tragiquement, de façon horrible, lors des événements de Metal Gear Solid V : Ground Zeroes. Les hallucinations à son sujet, les cassettes destinées au joueur, représentent le travail intérieur de Venom Snake pour faire son deuil. À la fin du jeu, il finit par y arriver, en se rappelant que Paz a été heureuse sur la Mother Base. Même si ces moments de paix n'ont été que de courte durée, ils n'en restent pas moins les plus importants.

C'est exactement ce à quoi nous sommes tous confrontés lorsque nous perdons un proche, principalement quand il a été fauché trop tôt par la mort. Nous sommes rongés par la tristesse, il arrive qu'on culpabilise pour une raison ou une autre, mais en fin de compte on surmonte ces sentiments avec le temps, en pensant aux meilleurs moments que nous avons passés avec ce proche.

Durant les quatre premières cassettes, Paz raconte qu'elle doit écrire les paroles d'une chanson pour la journée de la paix, sur un type de musique japonais appelée « Enka ». Ce genre de musique « va droit au cœur, avec une ouverture triste, puis un sentiment de vie progresse au fur et à mesure qu'elle se déroule ». La cinquième et dernière cassette est construite avec le même équilibre qu'une chanson Enka. Si la cassette est triste au début, elle se termine avec une véritable note d'espoir et de paix (intérieure). (21)

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Sous ses bandages, Ishmael n'a pas de barbe et ses deux yeux
sont fonctionnels !

Il s'agit probablement d'un des arguments le plus souvent utilisé par les défenseurs de la théorie « Venom = Big Boss ». Mais auraient-ils déjà oublié Joakim Mogren et Moby Dick Studio ?

En 2013, lorsque Hideo Kojima est apparu sous les traits de Joakim Mogren sur la scène de la GDC 2013, ses yeux bridés étaient cachés par un masque, identique à celui de Ishmael. Mais cela n'est qu'un détail. Même le chien D.D., pourtant borgne lui aussi, peut avoir ses yeux fonctionnels si le joueur le souhaite.

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Ce n'est pas Hideo Kojima, il n'a pas les yeux bridés !


Ishmael ne fait pas une piqûre à Venom Snake, mais à lui-même.
Big Boss se parle donc à lui-même !

Si le geste peut laisser un petit doute dans la cinématique du jeu, il n'en est rien lors de la présentation de gameplay à la GDC 2013 où l'on voit très clairement Ishmael faire une piqûre sur le haut du bras gauche de Venom Snake. En outre, il ne faut pas oublier que ce dernier est amputé.

Lors d'une interview fin mars 2013, Geoff Keighley faisait remarquer à Hideo Kojima qu'en visionnant le trailer, on avait l'impression qu'il y avait une troisième personne sur une civière, aux cotés de Kaz et de Snake. Comme si la scène se déroulait à travers le regard d'une troisième personne. En effet, à la fin de cette scène, Kaz s'exclame « Comment va-t-il ?» [What about him?]. « En fait, c'est moi ! C'est Hideo Kojima » expliquait le papa de Snake à Geoff Keighley. « D'une certaine manière, je suis un fantôme et j'observe mes créations et je leur demande : "Hé! Vous êtes morts ? Je suis toujours là !" ». Des propos qui prennent tout leur sens aujourd'hui, d'autant plus qu'une démo de gameplay sur l'hôpital avait été dévoilée par Hideo Kojima lors de la conférence du Fox Engine, quelques heures plus tôt !

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GDC, mars 2013.

Version finale, septembre 2015.


Dans l'hôpital, Ishmael n'est jamais blessé !

Comme l'explique si bien Manji dans son analyse du jeu, au-delà d'Ishmael, c'est toute la mise en scène de l'épisode de l'hôpital qui jouit d'un traitement fantastique, au sens artistique du terme. Hideo Kojima a créé une frontière, une zone entre le réel et le surnaturel pour que le joueur perde ses repères en jouant, notamment sur la perception des événements. Venom Snake vient de se réveiller après neuf ans de coma. Quoi de plus immersif pour le joueur que de titiller ses acquis pour lui faire vivre cette traversée de l'enfer !

Quelques jours avant la conférence du Fox Engine de la GDC 2013, Hideo Kojima devait se déguiser en Joakim Mogren pour une interview. Mais le manque de temps a eu raison de son projet, et c'était finalement un acteur qui endossa ce rôle. Si Hideo Kojima, le Big Boss de KojiPro, avait été derrière son masque comme il était prévu initialement, les événements auraient pris une autre tournure. Les fans n'auraient jamais débattu, à l'époque, sur la question de savoir si Joakim Mogren était le fruit du Fox Engine, mais plutôt sur l'identité même du mystérieux personnage.

« Je pense que c'est important de laisser des indices » expliquait Hideo Kojima un jour avant l'interview de Joakim Mogren, le 14 mars 2013. « Mais dans un sens, je pense aussi qu'il est important d'induire les gens en erreur avec ces indices, car si c'est trop prévisible, ce n'est plus amusant. »

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Sur sa moto, Big Boss n'a aucune cicatrice !

Sur la jaquette de Ground Zeroes, Big Boss est blessé au visage avec une petite cicatrice sur sa pommette gauche. Les adeptes de la théorie « Venom = Big Boss » aiment souligner que cette blessure n'est plus présente sur son visage, neuf ans plus tard. Cela prouverait que la scène de Big Boss sur sa moto ne soit qu'une hallucination de sa part, alors qu'il serait encore inconscient dans l'ambulance.

Dans The Phantom Pain, Venom Snake peut être blessé de la même manière, voir même d'avantage (perfusion intraveineuse). Et pourtant, une simple douche permet de faire disparaître toutes ses blessures, même les plus graves !

Avant de devenir Venom Snake, le médecin a protégé Big Boss dans l'hélicoptère lors des événements de Ground Zeroes. À son réveil, Venom Snake n'a pas plus de cicatrice que Big Boss n'en a sur sa moto (sauf si le joueur a pris le soin d'en choisir lors de la création de son avatar).

En plus d'être dans un jeu vidéo, nous sommes en 1984, soit neuf ans après le crash, c'est à dire neuf ans de coma et de convalescence. Il y a du temps pour se rétablir. Les cicatrices de Venom Snake sont, quant à elles, le résultat d'une chirurgie pratiquée en urgence puisque le réveil de Venom Snake a engendré des événements inattendus et dangereux (22). Et ne me parlez pas de la présence douteuse de ces mêmes cicatrices sur son visage alors que Venom Snake se regarde dans le miroir onze ans plus tard, peu avant les événements de Metal Gear. Cette scène est purement symbolique ! Venom Snake lancerait-il vraiment Metal Gear sur MSX avant d'aller combattre Solid Snake ?

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Big Boss n'a pas vieilli !

En neuf ans (surtout de convalescence), certaines personnes vieillissent fort peu physiquement. Prenez Hideo Kojima. Les années passent et le Japonais semble ne pas vieillir. Et votre serviteur sait de quoi il parle. Je ne fais absolument pas mon âge...


Sur la jaquette de The Phantom Pain, Venom est placé de côté, comme s'il avait quelque chose à cacher !

Initialement sur la jaquette de Metal Gear Solid V : Ground Zeroes, Big Boss devait être aussi placé de côté avec Skull Face. « En fait, j'ai voulu mettre Snake ensanglanté et Skull Face sur la version occidentale mais elle était terrifiante et elle me rappelait [le film] "Enemy Mine" [de Wolfgang Petersen] » déclarait Hideo Kojima en décembre 2013. Dans ces cas-là, je ne suis pas sûr que les jaquettes de Metal Gear Solid V aient des significations cachées.

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Hideo Kojima fêtera ses 53 ans cette année !


« From The Man Who Sold The World »

Pour les adeptes de la théorie « Venom = Big Boss » la cassette « From The Man Who Sold The World » est une preuve irréfutable que Big Boss est schizophrène.

Outre le fait que Hideo Kojima soit un grand fan de David Bowie, la présence de la chanson « The Man Who Sold The World » dans le jeu n'est pas surprenante puisqu'elle évoque un double. Le 8 janvier 1997, David Bowie a partagé son interprétation sur le sens du titre qu'il admet compliqué. « Je crois que je l'ai écrite parce que j'étais à la recherche d'une partie de moi-même. Aujourd'hui, je me sens plus à l'aise avec ma façon de vivre, avec ma santé mentale [rires], mon état d'esprit et tout ça. J'ai une sorte d'impression d'unité. Pour moi, cette chanson a toujours symbolisé la façon dont on se sent quand on est jeune, quand il y a une partie de soi-même qui n'est pas encore tout à fait en place. Il y a cette période de recherche, ce besoin de découvrir qui on est vraiment. »

Les propos de David Bowie ne semblent pas être aussi catégoriques sur un sens schizophrénique pur et dur, comme l'entendent les défenseurs du « Big Boss schizophrène voulant fuir à la rage qui le consume ». À moins que nous ayons tous été schizophrènes un jour, quand nous étions jeunes ?

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Mais pas besoin de schizophrénie pour que la chanson de David Bowie cadre bien avec la vérité révélée dans l'épisode 46. Nous sommes Venom Snake, et il est le double de Big Boss. Pour raviver la mémoire de Venom Snake, Big Boss lui a envoyé une cassette. En l'écoutant, un souvenir que Venom Snake n'avait pas cherché, lui vint à l'esprit. Sur la face A est indiqué le titre « From The Man Who Sold The World » (de la part de l'homme qui trompa le monde). À l'écoute, on apprend, de la bouche de la légende elle-même, que nous sommes à la fois le médecin mais surtout Big Boss métaphoriquement parlant et officiellement aux yeux du monde.

Avec cette scène, Hideo Kojima boucle la boucle en créant un espace vide pour les joueurs laissant la place à leurs propres interprétations. Alors, oubliez l'hôpital chypriote et ses détails techniques sans grande importance. Désormais, c'est à nous de décider de l'avenir (et du passé) de la légende de Big Boss.

Est-ce que c'est Venom Snake qui a construit toute la légende de Big Boss ? A-t-il rencontré les personnages cultes comme Sniper Wolf ? Venom Snake est-il devenu un monstre à l'instar de Skull Face ? S'est-il sacrifié pour la cause comme The Boss en son temps ? Big Boss et Venom Snake sont-ils un jour entrés en conflit ? Big Boss a-t-il envoyé Gray Fox et Solid Snake pour éliminer Venom Snake ? Il y a tant de questions jubilatoires que le joueur peut désormais s'imaginer en créant lui-même sa propre légende.

En outre, Hideo Kojima souhaitait initialement débuter Metal Gear Solid V : The Phantom Pain avec la musique « Diamond Dogs », un autre titre de David Bowie. Mais dans une interview, au micro du site japonais 4gamer, Hideo Kojima expliqua que son équipe était contre cette idée.

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La responsabilité est le prix de la liberté

Comme vous le voyez, si la théorie « Venom Snake = Big Boss » apporte indéniablement un nouveau twist à l'histoire, elle efface beaucoup trop de messages et de symbolisme. L'histoire devient presque trop littérale, malgré la présence de plusieurs explications hallucinatoires d'un Big Boss schizophrène. La rapidité de deux twists contradictoires, ne laissant même pas aux adeptes de la théorie de digérer et d'apprécier le premier, me rappelle la rapidité avec laquelle les habitants de l'Océania dans 1984 acceptent sans broncher que leur pays n'est soudainement plus en guerre contre l'Eurasia mais contre l'Estasia. En effet, lors de son discours, un orateur du Parti intérieur pointe du doigt à la fin de sa phrase l'ennemi de la nation, qui était pourtant un allié au début de sa même phrase (23).

Je comprends toutefois que des joueurs préfèrent vivre Metal Gear Solid V : The Phantom Pain sous cet angle. Mais, comme je l'ai montré dans cet article, je trouve que l'expérience perd beaucoup trop de son âme.

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Si Venom Snake était le vrai Big Boss, il n'y aurait pas besoin
d'un mod pour pouvoir jouer avec lui, une fois l'aventure bouclée une première fois...



À titre d'exemple personnel, je me souviens de l'épisode 43 « Des Lumières, Même dans la Mort » durant lequel Venom Snake est contraint de tuer une partie de ses hommes infectés par des parasites.

Lors de ma première partie, je me sentais coupable de ce que j'étais en train d'accomplir. Je n'étais pas bien. Je grimaçais à chaque fois que j'appuyais péniblement sur la détente. Après quelques « meurtres », j'essayais de me réconforter dans l'idée que, jouant avec Big Boss, je faisais forcément le bon choix...

Puis vient la mission 46 « Vérité », où j'apprends que Venom Snake c'est nous. C'est toi. Mais c'est surtout moi !!! Ma première réaction a été de remercier intérieurement Hideo Kojima pour ce formidable cadeau. Mais une fois que j'ai repris la manette pour rejouer la mission 43, je ne pouvais plus me cacher derrière Big Boss pour accomplir ces actes ignobles. Car c'était bien moi qui étais en train de tuer mes hommes. Des hommes loyaux envers le vrai Big Boss, et qui pourtant ne sauront jamais qu'ils n'étaient finalement qu'au service d'un « faux » Big Boss. Cette mission est devenue encore plus écoeurante que ce qu'elle était la première fois.

L'épisode 43 est l'un de ces nombreux moments où les joueurs prennent conscience de leurs actes et les responsabilise (24). Ils gardent une trace de leurs actions. Et c'est l'un des coups de maître de Hideo Kojima qui disparaît avec l'hypothèse « Venom Snake = Big Boss ». C'est un peu comme si la cinématique finale de MGS3, où Naked Snake pointe son arme en direction de The Boss, n'était pas jouable.

La fin de Metal Gear Solid V : 1984 tentatives d'interprétations


« Les fantasmes peuvent être un puissant allié, mais n'oublie pas cette réalité » (25)

En faisant le lien avec le thème de 1984, l'hypothèse selon laquelle Big Boss est schizophrène n'est pas évidente et manque d'intérêt à mon sens.

Dans 1984, Big Brother modifie des documents dans un but précis, celui de garder le pouvoir. La fin du livre indique que c'est un succès, car même ses plus grands opposants sont vaporisés. Avec son livre, George Orwell dénonce ainsi la dangerosité d'un monde totalitaire.

L'un des thèmes principaux de 1984 est donc la désinformation et ses dangers. Jamais, Metal Gear Solid V n'a désinformé les joueurs. Aucun trailer n'a menti. En revanche, l'interprétation est l'un des thèmes de The Phantom Pain (26). Depuis la première bande annonce, nous pensions avoir affaire à Big Boss, et nous pensions jouer avec lui. Mais ce n'était pas lui, même si les faits nous semblaient si évidents. « Les faits n'existent pas, il n'y a que des interprétations » disait Friedrich Nietzsche...

Et puis, que dénoncerait Hideo Kojima avec la schizophrénie de son personnage ? Pourquoi Big Boss se mentirait à lui-même ? Certains répondent à cette question, « pour échapper à ses actes horribles commis dans MGSV ». Dans ce cas, s'imaginerait-il vraiment être un double, identique en tous points, trait pour trait, à lui-même, tant physiquement que mentalement ? S'imaginerait-il ensuite recevoir une cassette audio d'encouragement de lui-même pour se dire : « C'est bien. Continue à faire ce que ton double a commencé, continue sur sa (ta) lancée » ?

Ce dédoublement de personnalité est peine perdue puisqu'en redevenant Big Boss, il continue son œuvre dans les épisodes suivants. Depuis la fin de Metal Gear Solid 3 : Snake Eater, Big Boss ne change plus de direction. Il poursuit un même but, construire Outer Heaven, quel qu'en soit le prix.

Si la « Vérité » de Metal Gear Solid V : The Phantom Pain avait été aussi proche de 1984, Big Boss aurait probablement été un adepte de la double pensée. D'ailleurs, analysons cette hypothèse, plutôt que de la survoler.

La fin de Metal Gear Solid V : 1984 tentatives d'interprétations


Big Boss, adepte de la double pensée ?

Au début de la mission 46 « Vérité », Big Boss pourrait très bien avoir recours à la double pensée pour se faire croire à lui-même qu'il n'est que son fantôme : Venom Snake. L'épisode 46 serait, alors, le fruit de son imagination, ou plutôt l'acte visuel de sa double pensée. L'épisode 46 serait donc uniquement destiné au joueur, au même titre que la cassette de la double pensée avec Ocelot enregistrée à l'hôpital. Elle permettrait donc aux joueurs de comprendre que Big Boss a eu recours à la double pensée.

En d'autres mots, Big Boss se persuade qu'il n'est pas Big Boss à la fin de Metal Gear Solid V. Et au début de Metal Gear, il se souvient de sa véritable identité en écoutant la cassette « From The Man Who Sold The World » qu'il a lui-même enregistrée quelques années auparavant.

Le problème c'est qu'on en arrive toujours aux mêmes incohérences inexplicables citées en ce début d'article. On pourrait très bien les résoudre en imaginant que la majeure partie de Metal Gear Solid V : The Phantom Pain ne soit qu'un énorme flash-back, un souvenir jouable de Big Boss. Dans ce cas précis, la double pensée de Big Boss rajusterait sans cesse son passé. Par exemple, contrairement à la réalité, Big Boss se persuaderait et, dès lors, croirait dur comme fer que Huey a eu une réaction bizarre en le voyant, lors de leur première rencontre en Afghanistan. Mais cette hypothèse fait naître une plus grande incohérence encore ! Dans la majeure partie de Metal Gear Solid V : The Phantom Pain, Venom Snake est bel et bien persuadé d'être Big Boss, et non pas son fantôme. Retour donc à la case départ.

Si son double était le fruit d'une schizophrénie ou d'une double pensée de la part de Big Boss, il aurait été plus intéressant d'être un fantôme au physique différent de Big Boss durant la majeure partie de Metal Gear Solid V : The Phantom Pain. Le joueur penserait ainsi avoir affaire à un autre personnage dès le début, pesterait sans remord sur Hideo Kojima, et la fin du jeu dévoilerait la supercherie.

La fin de Metal Gear Solid V : 1984 tentatives d'interprétations

Quoi qu'il en soit, cela reste incompatible avec le message de fin de Metal Gear Solid V : The Phantom Pain qui est celui de « rendre Snake au joueur » et de lui permettre de boucler la boucle.

En outre, quel serait l'intérêt d'effacer le joueur au profit de Big Boss à la fin du jeu ? Surtout dans le cas de Metal Gear Solid V : The Phantom Pain. Ce cinquième épisode fait totalement honneur au joueur avec un gameplay riche où le maître mot est « liberté ». J'ai beau creuser le problème dans tous les sens, je n'arrive pas à voir l'utilité de passer d'un twist à un autre en quelques minutes, si ce n'est de conforter le joueur, en le laissant jouer avec le vrai Big Boss qu'il attendait. Hideo Kojima passerait d'un coup de génie à une simple fin, aussi intéressante que « non en fait, c'était un rêve ! ». Imaginez un peu si un deuxième twist avait rapidement contredit le premier à la fin des films comme Usual Suspects, Le Sixième Sens, The Game, Fight Club, The Others, Shutter Island, L'Echelle de Jacob, eXistenZ, L'Empire contre Attaque, La Planètes des Singes, S7ven, etc. Ce serait décevant, n'est-ce pas ?

Et puis, avec ce deuxième twist, la citation de Nietzsche ne toucherait plus le jeu dans sa globalité et encore moins dans la campagne marketing qui l'a précédé durant trois ans. La citation toucherait seulement quelques minutes de jeu, et deux ou trois éléments d'un seul chapitre, celui de la mission 46.

Quand Venom Snake est confronté à l'hallucination avec Paz, il interprète ce qui s'est passé. Malgré les événements qu'il a vécus dans Ground Zeroes, il part du fait que Paz est vivante, Il interprète donc une solution pour comprendre comment Paz est vivante. Mais son interprétation est forcément erronée puisqu'il est parti d'un fait erroné : Paz est vivante.

Nous, les joueurs nous avons fait exactement pareil avec les trailers de MGSV durant trois ans, en analysant ce qui nous était présenté (27), en pensant qu'on jouerait avec le vrai Big Boss. Plus tard, après la sortie du jeu, certains d'entre nous semblent continuer dans cette même voie, avec le personnage Ishmael, par exemple.

La fin de Metal Gear Solid V : 1984 tentatives d'interprétations

« Ishmael n'a pas de barbe, il ne peut être Big Boss ! ». C'est une interprétation qui, comme l'existence de Paz, n'est pas forcément exacte. C'est pourquoi, il ne faut pas s'arrêter à de simples faits, à de simples éléments matériels, à de simples détails, tant ils peuvent être trompeurs. Ishmael n'existe pas ? Peut-être. En tout cas, il a été considéré comme étant une hallucination pour beaucoup d'entre nous, avant la sortie de Metal Gear Solid V. C'était peut-être son rôle dans la campagne marketing du jeu. Mais si Joakim Mogren n'existe pas, Hideo Kojima, caché sous son masque, existe bel et bien !

Le rôle d'Ishmael a peut-être volontairement changé avec la sortie de Metal Gear Solid V. Ishmael pourrait très bien être Big Boss et Hideo Kojima à la fois. Un personnage qui n'a ni barbe et ni yeux bridés. Un mélange de ces deux « personnages » en somme. Dans le jeu, alors que Big Boss aide son double à sortir vivant de l'hôpital, Hideo Kojima tient par la main, une dernière fois, le joueur pour l'aider à passer du monde fermé des anciens MGS vers le monde ouvert de The Phantom Pain. Ensuite, le joueur et Venom Snake sont libérés par Ishmael pour qu'ils écrivent ensemble, à leur tour, la légende de Big Boss, grâce aux nombreux choix qu'offre le monde ouvert de Metal Gear Solid V : The Phantom Pain. Ce n'est pas un fait, mais une simple interprétation de ma part, parmi tant d'autres.

Et puis, n'est-ce pas plus grisant de se dire que le véritable Big Boss nous a observés lorsque nous avons fui, à cheval, le redoutable Homme en Flammes ? Qu'il nous observait pendant que nous développions la Mother Base. Car, l'affiche du « Big Boss is watching you ! » pourrait être également une référence au véritable Big Boss qui nous regarde, à l'instar de Solid Snake dans son hélicoptère lorsqu'il observait Raiden combattre Solidus sur la Big Shell dans Metal Gear Solid 2.

Ne serait-ce pas un peu triste de vaporiser toutes ces interprétations par une simple hypothèse « Venom Snake n'est que Big Boss schizophrène » ?

La fin de Metal Gear Solid V : 1984 tentatives d'interprétations


« This is good... Isn't it? »

Le gameplay de Metal Gear Solid V met le joueur au cœur de l'action grâce à un gameplay aux petits oignons, une liberté sans pareille et des plans séquences très étudiés. « Ce que je voulais avant tout [avec les plans séquences], c'était une très grande proximité entre le joueur et son personnage » nous expliquait Hideo Kojima lors de son passage à Paris en mars 2014. Dès lors, ne serait-ce pas plus intéressant que le scénario du jeu rende également hommage au joueur en faisant de lui le héros de l'histoire et l'un des protagonistes les plus importants et essentiels dans la légende de Big Boss ? Faire de Big Boss un personnage schizophrène à la fin du jeu, quelques minutes après le premier twist, ne serait-il pas un retour brutal en arrière évident ? Metal Gear Solid V ne deviendrait-il pas jeu à double vitesse entre son gameplay totalement dévoué au joueur et son histoire cloisonnée au véritable Big Boss ? Ne serait-ce pas un retour vers un MGS plus conventionnel, alors que jusqu'alors, les centaines d'heures de MGSV nous avaient offert une expérience libre et totalement différente des autres épisodes de la série, en la révolutionnant ? (28)

« Je l'ai déjà dit à plusieurs reprises, mais je comprends pourquoi les joueurs aiment Snake et l'admirent » expliquait Hideo Kojima en mars 2015. « En réalité cependant, Snake n'a jamais été autre chose que l'extension du joueur, son alter ego. Du coup, j'ai cette fois décidé sciemment de rapprocher encore plus Snake de la perspective du joueur. Autant que possible, les actes de Snake seront basés sur les choix du joueur plutôt que de réaliser des commentaires spontanés ou flirter avec des femmes. En fait, cette fois, Snake ne va pas vraiment s'exprimer. "MGSV : TPP" est un jeu en Open World qui se focalise sur la faisabilité de donner au joueur la possibilité de choisir les actions de Snake. Snake sera un protagoniste plus silencieux un peu comme l'est Mad Max dans Mad Max 2. Ce sont les personnages autour de lui qui vont raconter l'histoire. »

Mais peut-être bien que Hideo Kojima a laissé volontairement planer le doute sur l'identité de Venom Snake. De cette manière, Hideo Kojima donne peut-être le soin aux joueurs de choisir eux-mêmes ce qui leur plaît de vivre ou non dans Metal Gear Solid V : The Phantom Pain. Car il sait par expérience que quelle que soit l'explication qu'il apportera, elle ne plairait pas à tous les Big Boss que nous sommes. Et puis, après tout, la saga Metal Gear ne repose-t-elle pas sur le rêve de The Boss et les différentes interprétations des personnages faites à son sujet ?

L'intérêt d'un nouveau personnage comme Venom Snake et d'une fin telle que Metal Gear Solid V réside dans le fait qu'on ne sait pas répondre à de nombreuses questions de manière arrêtée, définitive et limitée. Le fait que The Phantom Pain ne boucle pas la série de la même manière que Metal Gear Solid 4 (où toutes les questions ont trouvé une réponse) est-il véritablement un défaut du jeu ? Non, bien au contraire ! La fascination des mystères du possible, le débat analytique et philosophique nous permettent de faire preuve d'imagination. Non seulement cet exercice nous donne l'occasion de progresser et de nous cultiver, mais aussi il nous permet de nous approprier la série Metal Gear, comme le souhaitent Hideo Kojima et son équipe dans cet ultime épisode. Alors, quel que soit votre camp, n'oubliez pas le plus important : « Les faits n'existent pas, il n'y a que des interprétations. »

La fin de Metal Gear Solid V : 1984 tentatives d'interprétations


Notes

(1) Enregistrements de la vérité – « Enregistrement secret de Ocelot et de Zero » - Quand Zero explique son plan à Ocelot, il décrit Venom Snake comme suit : « Une copie mentale, le fantôme de Big Boss ».


(2) Enregistrements de la vérité – « Doublepensée » - À l'hôpital, avant que ne débutent les événements de The Phantom Pain, Ocelot explique à Big Boss le rôle de Venom Snake. Ce dernier est encore endormi dans le lit d'à côté : « Dans son esprit [de Venom Snake], ce passé n'existe plus [celui d'avoir été le médecin]. Ton passé est son passé, maintenant. Il va devenir ton fantôme. Ce n'est pas une simple diversion. Il va se comporter comme s'il était le nouveau Big Boss. Et ce n'est pas seulement pour Cipher. Il va être ton visage aux yeux du monde entier. Jusqu'à ce qu'arrive le moment de ta résurgence. Son état de conscience altérée nous a aidés à implanter de puissantes suggestions, en le plongeant dans un état hypnagogique. Il a vécu toutes les missions répertoriées, et partage toutes tes connaissances et ton expérience. Afin qu'il croie être le seul et unique Big Boss. »


(3) Le Mamba blanc [3] – « Le test ADN d'Eli » - Les résultats des tests génétiques sur Eli sont négatifs. « C'est encore un peu expérimental, mais les concepts et la procédure sont au point » précise Kaz. Les deux tests indiquent qu'il y a 0% de chance que Eli soit le fils de Venom Snake, ni son clone. « Aucun clone ne pourrait avoir une empreinte ADN totalement différente. Et le test ne laisse aucune place à l'erreur » précise à son tour Ocelot.


(4) Briefing d'Ocelot [1] – « Séquelles du coma de Snake » - Dans cette cassette, Ocelot de la vision de Venom Snake. Le shrapnel qui se trouve dans le crâne de ce dernier exerce une pression sur son nerf optique. N'importe quel impact violent peut causer un effet sur son cortex visuel. Son cerveau peut traiter de manière incorrecte les informations visuelles. En d'autres mots, il peut avoir des hallucinations. Il pourra voir des choses qui ne sont pas là [Paz] ou ne pas voir les choses telles qu'elles sont réellement [vision de couleurs pâles].


(5) Lors d'une entrevue en février 2014, le site Game Informer demandait à Hideo Kojima si Metal Gear Solid V : The Phantom Pain allait combler le vide entre les histoires de Big Boss et de Solid Snake. « Je suis tellement tenté de vous répondre, mais je ne devrais pas » dit Hideo Kojima. « Ce que je voudrais dire c'est qu'il y a une manière précise pour ces jeux de s'imbriquer ensemble. »


(6) Conversation finale de Miller et Ocelot


(7) Ce qui est arrivé aux anciens membres de la Mother Base – « Chico et Amanda » - Kaz dit à Venom Snake que cet hélico n'était pas pour Chico un endroit pour mourir.


(8) Enregistrements de la vérité – « Rapport à Big Boss : Contrôle de l'information par Cipher » - Dans cette cassette, Ocelot fait une référence évidente à 1984 de George Orwell : « Contrôle total de l'information Big Brother Zero. [...] Tu es le Big Brother du champ de bataille. » Zero et Big Boss sont des « Big Brother » à leur manière.


(9) L'Afrique aujourd'hui [1] – « Le mercenaire légendaire » - Ocelot explique à Venom Snake que « plus les histoires [sur légende de Big Boss] se répandaient, plus la vérité a été distordue, maquillée. [...] Au moment précis où une vérité est transmise, elle commence à se transformer en fiction. Le problème, c'est que la fiction inspire d'avantage que les faits. » Des paroles qui résument aussi le débat qui entoure le chapitre 46 de Metal Gear Solid V : The Phantom Pain.


(10) Enregistrements de la vérité – « Rapport à Big Boss : Zero a été attaqué [2] » - Revolver Ocelot dévoile, dans cette cassette, le nouveau nom de Cipher : « Ils ont trouvé un nom pour le projet d'IA de Anderson. Ça s'appelle "The Patriots". C'est entièrement conçu pour s'assurer que les concepts qui gouvernent la société soient perçus de manière identique par l'esprit de toutes les personnes de cette société. C'est sur le maintien de l'identité de l'individu tout en faisant en sorte que cet individu fasse partie de son plein gré de l'ensemble. » Son but est identique à ce que recherche Big Brother. À la fin du livre 1984, Winston n'est plus un personnage individuel faisant front intimement au Parti. Il a perdu sa véritable identité et sa liberté de penser. Il ne fait plus qu'un avec le Parti.


(11) « La guerre c'est la paix » est l'un des trois grands slogans du Parti dans 1984. Les trois nations du monde de George Orwell ont le même but. Que le cycle perpétuel des classes ne se reproduise plus jamais. En d'autres mots : fixer le pouvoir à la même classe supérieure (il n'est pas important de savoir qui détient le pouvoir, pourvu que la structure hiérarchique demeure toujours la même), d'arrêter le progrès et d'immobiliser l'histoire à un moment choisi.

L'inégalité est le prix de la civilisation. Mais les machines ont la capacité de subvenir aux besoins de tous, et donc d'effacer les classes. L'égalité humaine n'est plus un idéal à poursuivre mais un danger à éviter. La surproduction est donc résolue par le stratagème de la guerre continue. Elle dévore ainsi le surplus des produits de consommation et elle aide à préserver l'atmosphère mentale spéciale dont a besoin une société hiérarchisée. Ces nations font du peuple ce qu'elles souhaitent. Elles s'arrangent donc entre elles pour se faire la guerre dans des zones tampons, sans risque pour elles-mêmes, sans conquêtes de territoires. Un jour, elles sont ennemies, un autre jour elles sont alliées. La guerre continue fait de la guerre qu'elle n'existe plus. L'accord entre ces puissances est comparable à une paix entre elles. Elles s'occupent de leurs propres problèmes et ne s'intéressent pas à l'autre. « La guerre c'est la paix ».

Objectif de Skull Face [3] – « Les chefs d'États et le langage » - Code Talker précise dans cette cassette que « la plus grande fortune d'un leader n'est pas l'argent ou les terres. C'est le nombre d'individus sous son contrôle. » C'est ce que font Venom Snake, Big Boss et Big Brother.
Enregistrements de la vérité – « Rapport à Big Boss : L'économie de guerre » - Ocelot : « Pour un leader, un ennemi éternel est bien utile. En orientant l'hostilité du public hors de ses frontières, il peut plus facilement rassembler tout le monde derrière lui. »


(12) L'Afrique aujourd'hui [1] – « Sociétés militaires privée » - Kaz explique à Venom Snake qu'il y a trois SMP majeures qui se sont étendues en Afrique centrale : CFA, Rogue Coyote et Zero Risk Security. « Il n'y a quasiment pas de chevauchement entre leurs zones d'opération. Ce n'est pas une guerre de territoire. On dirait qu'ils ont une sorte d'accord entre gentlemen. » C'est le principe partagé par les trois nations de 1984 (voir « La guerre c'est la paix »).


(13) Objectif de Skull Face [1] – « La chute de Skull Face » - Code Talker explique que Skull Face a eu recours aux thérapies parasitaires pour le maintenir en vie.


(14) Briefing d'ocelot [1] – « Affaires internationales durant ces 9 ans » - On y parle d'actualités, dont les Jeux Olympiques de Los Angeles en 1984. C'est une discussion entre Ocelot et Venom Snake. Preuve que le jeu se passe au moins en 1984.
L'Afghanistan aujourd'hui [1] – « L'invasion de l'Afghanistan par les Soviétiques » - Les soldats soviétiques débarquent en Afghanistan à la veille de Noël de l'année 1979. Preuve, une nouvelle fois, que le jeu ne se passe pas tout juste après les événements de Ground Zeroes en 1975.


(15) Code Talker et ses recherches [3] – « Motif de recherche des parasites des cordes vocales » - Code Talker explique que les américains ont imposé la langue anglaise aux Navajos pour éliminer ce peuple, en commençant par leur éducation et leur culture. Lorsqu'il a été arraché des siens par le gouvernement américain et envoyé dans un « pensionnat indien », Code Talker a été rebaptisé George par ses professeurs. Il s'agit peut-être d'un clin d'œil à George Orwell et à son œuvre 1984 dans laquelle le novlangue avait aussi le rôle de manipuler le peuple et sa culture. Leur esprit est modelé par cette langue.
Code Talker et ses recherches [4] – « Projet de nettoyage ethnique par les parasites » - Code Talker explique l'importance d'une langue. « L'homme pense en mots, ou plutôt les mots sont le vecteur de la pensée humaine. Si l'on efface un mot représentant un concept, c'est le concept qui disparaît du monde. "Nizhóni" signifie "beau" en navajo. Mais l'image qui vient à l'esprit lorsque nous disons "Nizhóni" est différente de celle qui surgit quand on dit "beau". Un ciel d'azur. Un paysage de collines. Une végétation verdoyante. Le sens que nous donnons au mot "Nizhóni" est enraciné dans la culture diné. Si nous perdons le mot "Nizhóni", les images de notre beau pays seront balayées de notre mémoire avec lui. »

Par exemple, dans le novlangue de 1984, le mot « libre » existait encore en 2050, mais il ne pouvait être employé que dans des phrases comme « le chemin est libre ». Il ne pouvait être employé dans le sens ancien de « liberté politique » ou de « liberté intellectuelle ». Car les libertés politique et intellectuelle n'existaient plus, même sous forme de concept.
Objectif de Skull Face [1] – « Les parasites de libération ethnique de Skull Face » - Dans Metal Gear Solid V, les effets mortels des parasites des cordes vocales peuvent être évités en arrêtant de parler. Dans 1984, le sort funeste des habitants peut être évité s'ils arrêtent de penser librement. Toutefois, dans les deux cas, personne n'est à l'abri d'un égarement ou d'un rêve durant lequel notre inconscient se met à parler tout haut. Winston en fait d'ailleurs les frais dans le livre de George Orwell.
Objectif de Skull Face [2] – « Skull Face il y a 9 ans » - Ocelot précise que « les mots maintiennent en vie notre civilisation, notre monde ».
Objectif de Skull Face [5] – « La cible de la vengeance de Skull Face » - Ici, Ocelot raconte que « l'objectif de Skull Face était de se venger de ceux qui ont utilisé des langues pour soumettre les peuples. De ceux qui utilisent le pouvoir de la langue pour contrôler l'information ».


(16) Interrogatoire de Huey [7] - « Enregistrement ultime du pod IA » - D'autres fantômes hantent Metal Gear Solid V : The Phantom Pain. Strangelove parle, dans cette cassette, du « fantôme » de The Boss en parlant du pod IA.


(17) Archées métalliques [3] – « Le "mécanisme de sécurité" de la saturation nucléaire » - QCode Talker décrit Skull Face ainsi : « Skull Face te serre la main comme si c'était un ami, et il utilise son autre main pour te manipuler comme une marionnette. C'est comme ça qu'il procède. » Une façon d'agir identique à celle d'O'Brien, l'un des personnages importants dans 1984.


(18) Sahelanthropus [3] – « Le Sahelanthropus capturé » - Venom Snake veut garder le Sahelanthropus au sein de la Mother Base même si le monstre mécanique n'est plus une arme. Il le considère comme une marque du passé, une marque dans l'Histoire, une archive du passé des Diamond Dogs. De cette façon, ils ne peuvent être oubliés par l'Histoire. Dans 1984, le passé des dissidents est totalement supprimé par le Parti. C'est comme s'ils n'avaient jamais existé. Ils sont donc oubliés de tous et par l'Histoire.
Objectif de Skull Face [1] – « Réactions internationales envers Sahelanthropus » - Comme l'explique Ocelot, l'incident du Sahelanthropus (qui est avant tout outil marketing pour vendre des armes nucléaires) est, heureusement, inconnu des agences de renseignements du monde entier. « Cipher va récrire l'Histoire... Et je disparaîtrai du souvenir des hommes » dit Skull Face avant d'être écrasé par le Sahelanthropus. De ce fait, tout ce qui s'est passé disparaît et ne laissera aucune trace dans l'Histoire. Pas de documents, pas d'archive, pas de trace, pas d'existence. Comme dans 1984.

C'est l'un des thèmes de 1984 choisis par Hideo Kojima pour Metal Gear Solid V : The Phantom Pain. Ce qui explique, de façon habile, pourquoi certains de ces événements importants ne s'inscrivent pas « officiellement » dans l'Histoire de la saga, à l'instar de Skull Face qui n'a jamais existé. Ainsi, l'histoire expliquée dans MGS4 n'est pas obsolète et tient toujours la route, malgré quelques incohérences forcées. Mais surtout, cela permet à Hideo Kojima de nous raconter une histoire différente de ce que nous attendions avec MGSV.


(19) L'homme en flammes [The Man on Fire] a survécu à la plateforme du Sahelanthropus, aux balles, à des frappes de missiles,...


(20) Enregistrements de la vérité – « Rapport à Big Boss : Zero a été attaqué [1] » - Ocelot décrit l'état de santé de Zero : « Depuis cet incident [infecté par une arme biologique], sa parole et ses gestes ont été chaque jour de plus en plus erratiques. »


(21) Journal de Paz


(22) Rapport de l'informateur – « Partie 3 » - Le réveil de Venom Snake a provoqué des événements inattendus. Volgin et l'enfant sont, à l'origine, des sujets de laboratoire pour des recherches militaires soviétiques dans le cadre du paranormal. Volgin pour ses courants électriques permanents qui traverse son corps et qu'il pouvait libérer à volonté, et l'enfant pour ses pouvoirs télépathiques, qui s'avéreront, plus tard, pouvoir être contrôlés par une volonté extérieure.

L'avion qui transportait l'enfant en direction d'un laboratoire de Moscou s'est mystérieusement écrasé au moment où Venom Snake s'est réveillé à l'hôpital chypriote. En réalité, les pensées de Venom Snake animées d'une rage vengeresse se sont synchronisées avec les pensées de l'enfant qui a libéré ses pouvoirs, maintenus jusqu'alors en sommeil. Officiellement, il n'y a aucun survivant du crash.

Pourtant, le « garçon qui flotte » a été emmené à sa destination, dans le centre de recherche où se trouve Volgin. À son arrivée, les pensées l'ancien colonel du GRU, alors dans le coma depuis les événements de Metal Gear Solid 3, sont entrées en résonance avec celle du garçon et il s'est réveillé. Volgin est devenu l'homme en flammes bien décidé à se venger de Snake.

En suivant Volgin et l'enfant, Skull Face a pu ainsi retrouver la trace de Venom Snake, caché de puis neuf ans dans l'hôpital de Chypre.


(23) Les trois puissances qui composent le monde de 1984, à savoir l'Océania, l'Estasia et l'Eurasia, sont un jour en guerre, l'autre jour alliées. Ce n'est pas sans rappeler les propos de The Boss avant sa mort dans Metal Gear Solid 3 : Snake Eater : « La politique et le temps transforment des amis en ennemis, comme le vent change de direction. Les alliés d'hier deviennent les ennemis d'aujourd'hui. »


(24) L'Afrique aujourd'hui [4] – « Mine de Kungenga et clash ethnique » - Dans cette cassette, Kaz met le doigt sur un problème épineux qui touche indirectement le joueur. Kaz y explique la guerre civile entre les Butas et les Mbeles causée par la colonisation des puissances européennes. Ce conflit est financé par les ressources locales : mines d'or, métaux précieux, diamants,... Ainsi, ils ravagent leurs terres, ils drainent toutes les ressources du pays pour s'armer, s'acheter du carburant et embaucher des mercenaires,... Le jeu dénonce les diamants de sang, pourtant il permet au joueur de profiter des ressources locales pour développer sa Mother Base, en récoltant des diamants par exemple, et continuer la guerre dans laquelle il s'est embarqué. Le joueur est invité à réfléchir sur ses propres actes.


(25) Enregistrements de la vérité – « Enregistrement secret de Miller et de Zero »


(26) Interrogatoire de Huey [2] – « Qu'est-ce que Sahelanthropus ? » - Huey se défend d'avoir travaillé volontairement pour Skull Face. Pour preuve, il explique qu'il a mis le logo des MSF sur la tête du Metal Gear, le crâne en forme de Pangée. Mais Ocelot n'est pas de cet avis : « Tu peux dire ce que tu veux, d'après les faits. Mais ce crâne symbolise aussi Skull Face. » Nous sommes face à des interprétations identiques à celles qui animent le débat.


(27) Code Talker et ses recherches [3] – « Origines de "Code Talker" » - Bien qu'il n'a pas pris part directement à la guerre du Pacifique (il a seulement aidé à la rédaction des codes utilisés), Code Talker doit son pseudo à Skull Face. Il l'a surnommé ainsi parce que le rôle de Code Talker était de coder le langage dans les parasites des cordes vocales. Preuve une nouvelle fois de la fourberie de Hideo Kojima. Contrairement à ce que nous pensions, nous n'avions pas vraiment affaire à un Code Talker s'étant embarqué pour la Seconde Guerre mondiale dans le Pacifique.


(28) Lors du passage de Hideo Kojima à Paris pour les 20 ans de Metal Gear, les propos suivant m'avaient marqué, alors que j'essaye sans cesse d'analyser les différents trailers pour les besoins du site. « Contrairement à une série qui se suit d'épisode en épisode avec des enchaînements logiques, dans chacun de mes jeux j'essaye vraiment d'apporter à chaque épisode une sensation différente qui va bouleverser la vision que vous avez de la série.

Pour parler de façon plus concrète la structure narrative que je donne à Metal Gear Solid se rapproche un petit peu de La Planète des Singes où il y a cinq épisodes. Chaque épisode vous donne un point de vue totalement différent. Une fois les singes seront les esclaves, d'autres fois ce sera le contraire. Ou alors je m'inspire un petit peu du Grand Cahier d'Agota Kristof, qui lui aussi dans chacune de ses histoires donne l'impression que l'épisode précédent est totalement faux. C'est perturber le joueur à chaque fois, en lui apportant de nouveaux éléments. »


(29) Enregistrements de la vérité : « Enregistrement secret de Skull Face et de Zero »


(30) Enregistrements de la vérité – « Enregistrement secret de Zero rendant visite à Snake »

La fin de Metal Gear Solid V : 1984 tentatives d'interprétations


Références du livre « 1984 »

1984 par George Orwell - Éditions GallimardCollection Folio n° 822 (juin 1983) – 1950, pour la traduction française. 448 pages.

La fin de Metal Gear Solid V : 1984 tentatives d'interprétations (a) - Première partie : chapitre VII (page 117)
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(b) - Première partie : chapitre V (page 89)
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(c) - Deuxième partie : chapitre V (page 223)
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(d) - Première partie : chapitre I (page 32)
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(e) - Première partie : chapitre III (page 56)
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(f) - Deuxième partie : chapitre IX (page 295)
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(g) - Première partie : chapitre IV (page 66-67)
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(h) - Première partie : chapitre III (page 54)
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La fin de Metal Gear Solid V : 1984 tentatives d'interprétations


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48 Commentaires
darklat darklat
06/01/2017 � 1:19
bonjour ! tt d abord merci pour cette magnifique explication. Ensuite, désolé de poster ça si cela a deja ete fait ! bref voila : http://www.gameblog.fr/news/53521-metal-gear-solid-5-une-incroyable-fin-cachee-impliquerait-le

la cinematique de la fin caché dit clairement que venom snake n est pas snake dc pas le vrai big boss ( c est genre 2 mn avant la fin , venom snake dit " je n ai pas oublié ce que tu m as appris boss [...] je dois transmettre mon euh notre heritage "
thunderdrumt thunderdrumt
31/07/2016 � 0:43
@Psyro

Venom répond bien "Kept you waiting, huh?" à Kaz si le joueur appuie sur le bon bouton au bon moment, ce à quoi Kaz répondra "It's really you, boss!" ;)

Quant à Eli, il n'est explicitement dit qu'il est Liquid que dans les cassettes et la timeline de la "vérité"; terme ironique qui peut correspondre à une version réarrangée de la réalité qui conviendrait mieux à Zero et à Big Boss (existence d'un double qui ferait le sale boulot pendant que le Big Boss original survivrait à l'abri). Cette idée de vérité arrangée rejoint le propos de 1984 et surtout celui des IA de MGS2.
Après, quand Ocelot et Miller affirment qu'Eli n'a rien à voir avec Venom, ça ne fait pas partie de la "vérité", mais Paz nous donne la preuve qu'il est possible (et je dis bien "possible", pas "forcé") que certaines cassettes ou que certaines scènes ne se soient jamais produites. On peut aussi se dire qu'Ocelot et Miller sont connus pour avoir déjà menti plus d'une fois et qu'affirmer qu'Eli n'est pas un clone permet de se débarrasser d'une question gênante.

Mais ça, c'est si la théorie Venom = Naked t'intéresse bien entendu. Si, pour toi, la version du double est plus séduisante, il n'y a pas de question à se poser ;)
Psyro Psyro
30/07/2016 � 20:06
Je rajoutes ma petite pierre à l'édifice pour faire se triturer le cerveau des adeptes de Venom = Big Boss.

Lors de la mission où l'on récupère Kaz prisonnier, lorsqu'il est sur notre dos celui-ci demande à Venom de lui dire le fameux "je me suis fait attendre, hein ?"... Et Venom ne réponds rien.

Si Venom est Big Boss, pourquoi ne réponds t-il pas à Kaz ? Sachant qu'ils sont quand même très liés l'un à l'autre, l'absence de réponse de la part de Venom est perturbante en tout cas.

Vos réponses m'intéresses grandement, car même si je suis partisan de la théorie du double, je ne suis pas fermé et votre théorie m'interroges sur certains éléments !

P.S : Et puis tant que vous êtes motivés expliquez-moi le coup du code génétique d'Eli différent de celui de Venom, sachant qu'Eli est Liquid et donc bien un clone Big Boss... Ca m'intéresses aussi ! ;)
HiiiC HiiiC
01/06/2016 � 10:09
Il y a quelque chose d'intéressant sur la pochette de Diamond Dogs de Bowie, une biographie de James Dean.
James Dean a fait partie d'une fraternité Universitaire appellée Sigma Nu, ainsi que Michael Biehn...
Je vous laisse regarder le logo de cette fraternité.
thunderdrumt thunderdrumt
30/05/2016 � 13:47
@Mehdi:
Ton argument ne prouve rien du tout. Pour la plupart des défenseurs de la théorie Venom = Big Boss, Big Boss aurait imaginé toute cette scène (avec les éléments troublants qu'elle comporte) avec un "vrai" Big Boss qui aurait filé pendant que lui n'aurait été qu'un double créé pour faire son sale boulot, tout ça pour se dédouaner de ses crimes.
Il aurait imaginé la scène en fonction de ce que lui/le joueur a vécu (Ocelot qui l'emmène, Ishmaël qui était avec lui, le pont qui se brise...) afin que la "vérité" ait l'air le plus vrai possible.
Donc non, ce n'est pas une preuve, et encore une fois, ce n'est pas parce qu'on se questionne sur ce que l'on voit que l'on n'accepte pas le scénario. C'est le cas de certains, c'est vrai (ils sont faciles à reconnaître car ils n'argumentent pas), mais pas de tous. De toute façon, l'idée d'aller au delà de ce que l'on nous montre et nous donne à voir fait partie des messages récurrents de la saga, tout comme l'idée de déposer les armes (ce que "Big Boss" n'est pas censé avoir fait avant d'être tué), donc questionner la "vérité" (sans pour autant la remettre en cause, attention) est tout à fait légitime.

@Trafal Gear:
Sheen ne remet pas en cause l'idée que Venom = le joueur même si Venom = Big Boss, c'est juste qu'il juge que cette idée est moins percutante et moins séduisante si on adopte ce point de vue. D'une certaine manière, je suis d'accord avec lui: avoir son propre personnage au sein de la saga est fort et ouvre de formidables perspectives, mais d'un autre côté, l'idée d'incarner un Big Boss choqué qui finirait par se permettre d'imaginer le joueur pour lui mettre tout ses crimes sur le dos me plait aussi énormément (une idée qui rejoint la fin de MGS2 quelque part, où Raiden rejette le nom du joueur pour que la fiction et le réel reprennent leur propre chemin).
Après, quand tu dis, qu'il n'y a pas suffisamment de preuves pour qu'une "théorie" prenne le pas sur l'autre, je suis d'accord avec toi. Il y a tellement d'éléments pouvant être lus à des degrés différents qu'il m'est impossible de rejeter un "camp" au profil d'un autre.
Mega Mega
27/05/2016 � 12:10
Et les medicaments bleu dans la scene d'intro et celle de la vérité? Sinon, belle analyse. Bisous
Trafal Gear Trafal Gear
20/05/2016 � 22:30
@Sheen

Je ne vais pas m'amuser à te contredire mais je souhaites juste te dire un exemple parmi tant d'autre qui ont obscurcis ta vision.
Tout d'abord je précise que je ne suis ni fervent de mister venom schizophrène ou des deux big boss.
Mon interprétation est tout autre, même s'il me manque encore quelques éléments clefs pour compléter mon analyse.
Tout d'abord, et ce n'est un secret pour personne, tu t'acharne sur ta propre théorie en oubliant de prendre suffisamment de recul, tu as fini par oublier des détails qui changent tout.
Même si tu précise que ce n'est pas de savoir qui a raison, mais c'est le parcourt que le jeu nous offre qui compte (malgré tout, entre nous tu le dit mais c'est pour panser tes blessures).

Tu répète trop souvent la même erreur, que tout les fervent de la théorie schizophrène résoudent toute leurs explications par des imaginations.
Si tu te bases sur quelques malchanceux qui ne comprenne pas le jeu, il est facile de les contredire.

Prenons exemple sur le dialogue finale entre Kaz et Ocelot par rapport au faux big boss.
Si on imagine que big boss est schizophrène, cette scène ne peut se dérouler dans sa tête cela n'a aucun intérêt.
Cette cette est importante à comprendre et j'espère de tout cœur que tu y arriveras !
Rappel toi de la scène entre kaz, big boss et le médecin dans l’hôpital, kaz sait pertinemment que LE big boss n'a nul perdu de bras (tout comme le reste).
Pendant le coma des deux big boss, ocelot annonce à Kaz qu'il y a deux big boss.
On comprend ensuite que depuis le début Kaz le savait mais ne nous l'avais pas dit.
Cela explique certains dialogues de code talker.
De plus pourquoi appeler sa base Diamond Dogs si on peut l'appeler Outer Heaven ?
C'est parce que Kaz veut se venger de big boss grâce à venom.

La particularité de Big Brother c'est qu'on ne sait pas s'il est réel, est-ce que Big boss l'est ?

Je te sort des exemples à la con, parce que je n'ai pas envie d'utiliser de mon temps à écrire pour le site si que je peux rédiger une analyse pour tous ;)

Mais juste une chose, la schizophrénie ne s'interprète pas forcément par un délire onirique. C'est simplement un dédoublement de la personnalité.
Même si Ishmaël a des paradoxes que tu n'a su expliquer (il ne sait pas faire de CQC, pour la barbe s'était pas très convainquant, il n'est brûlé que si venom l'est, ensuite il n'a lus rien après s'être pris un couteau etc...)
"Les faits n'existent pas".
Pour que j'affirme l’hypothèse de deux big boss il me manque quelques paradoxe de Ishamël à élucider.
Pour que j'affirme l'hypothèse d'un seul Big Boss il faudrait que je résoudre l'énigme sur l'ADN de Eli.
Mais les deux sont aussi vrais et faux.
Je sais que c'est difficile, mais à part ces 2 théories il y en a une autre (oublions les vannes pourrîtes d'un gosse qui a rêvé de toute l'histoire de la saga).
Et elle est bien plus convaincante.
Ha et pour t'informer, dans les deux théories le joueur est Venom, et j'attend de voir si tu es capable de me prouver le contraire.

En fait j'attend plus que tout que tu me prouve que j'ai tort.
Ha et puis merci de ton post, il y avais certaines choses que je n'avais pas pensé.
Mehdi Mehdi
18/05/2016 � 6:15
Bonjour je souhaitais partager un argument que j'avais trouvé et qui généralement cloue le bec des Hallucinationistes qui ne veulent pas accepter l'histoire de The Phantom Pain.

C'est une preuve tangible et matériel de l'existence de Venom ( le médoc) et de Big Boss.
A la fin du prologue Ocelot et Venom traversent un pont que la foudre explose ce qui leur permet d'ailleurs de semer l'homme en feu.
Quand on revient sur ces lieux lors de la mission 46, le passage avec Big Boss montre bien un pont cassé en arrière plan ce qui prouve d'ailleurs ( en plus de prouver matériellement que la scène avec Venom à bien eu lieu) que la scène avec Big Boss a lieu après le sauvetage de Venom Snake contrairement à ce que vous dites dans votre article et contrairement à ce que nous sortes les halluboys : Big Boss hallucine tout pendant son accident.
Non non Venom est déjà sur le bateau pendant la scène avec Big Boss.
joachim valle joachim valle
08/05/2016 � 22:57
pour ceux qui sont de la théorie "bigboss = venom snake", vous devriez rejouer a ground zeroes, regarder bien les scinematiques de fin dans l'helicopter, quand le medic passe a l'ecran il tourne la tete, ou bien un objet lui cache le visage, jamais hideo kojima nous montre son visage, pourquoi ? car son visage c'est nous qui lui donnons dans mgs V. dans ground zeroes même dans le menu de selection des missions ont peut voir le medic cagoulé qui par moment nous regarde fixement comme si il voulait nous dire qu'il a une importance dans l'histoire de la saga. je vous conseil de rejouer a MGS : ground zeroes c'est bleufant de revenir en arriére.
videogamer videogamer
22/04/2016 � 8:24
Bonjour amis Belges: très très bon cet article, j' approuve à 100 % et détail bien ce que je pensais de mon expérience vidéoludique.
J' ai enfin fini ce jeu ( très très long) dès lors il apparaît évident que venom snake est un personnage différent de vic boss, si non comment expliquer metal gear et metal gear 2 solid snake? big boss est peut- être un soldat légendaire, mais mourir dans outer heaven 1 puis ressuscité pour constuire outer heaven 2 en seulement 4 ans , la pilule passe mal ^^ ( oui 4 ans sépare metal gear de metal gear 2 solid snake) je dis ça pour les adeptes du venom snake = big boss.
BigBoss BigBoss
21/04/2016 � 20:00
Très GROS et très BON dossier (comme toujours ici ^^). Merci à c'est très intéressant, personnellement je suis partisan de ce que propose Kojima (Venom existe).
flying_fox flying_fox
15/04/2016 � 15:24
A propos du mythe de Big Boss, justement, et à l'attention de "liquid" ici présent ou tout autre soldat prêt à défendre cette idole envers et contre tout :

https://youtu.be/EA4uan90HeA
Darkjack Darkjack
12/04/2016 � 11:33
Lecture très intéressante et pratiquement tous les points polémiques sont débattus, ce qui fait plaisir !

J'avoue que les 2 théories se tiennent, et c'est ça qui font toute leur force : le joueur peut lui-même se convaincre qu'il joue ou non le vrai Big Boss; il réécrit l'histoire, comme dans 1984, pour avoir une vérité réconfortante. Mais j'avoue être plus touché par la 1ère théorie pour sa symbolique Kojima/joueur/snake + la généalogie de la saga.

Toutefois la citation "les faits n'existent pas, il n'y a que des interprétations" laisse planer un gros doute sur une éventuelle réponse définitive. Tout serait question d'interprétation et de perception, donc de croyance également. Il est périlleux de distinguer l'imaginaire construit autour de personnage iconique de Big boss, et sa véritable vie, à l'instar de Big Brother. Les êtres humains construisent des imaginaires parfois sans faits réels concrets, par des histoires, par des légendes, par des mythes, par des religions (cf MGS 4 et le discours de Big Mamma).

J'aime assez l'idée de Maurice Godelier, un anthropologue ayant travaillé sur l'imaginaire : l'imaginaire permet à l'impossible de devenir possible pour un groupe humain, une communauté. Une sorte de brume artificielle aux conséquences réelles. Dès lors on peut très penser que Big Boss = Venom Snake et que Venom Snake = Joueur. Croyons-nous vraiment à notre adhérence en une de ces théories ? Si l'on y croit, ça marche, si l'on n'y croit plus, ça ne fonctionne plus. Nonobstant, la première théorie résiste plus de mon point de vue si on a la connecte aux épisodes de la MSX, comme tu l'as dit dans ton bon article !

En tout cas, ça fait plaisir que ce jeu propose plusieurs grilles de lecture possible, et que ceci soit un lieu à débat ! Bien entendu, dans le plus grand respect ^^. Sacré Kojima, il nous a refait le coup de MGS 2 ! Et c'est très bien !
Fichte Fichte
12/04/2016 � 0:58
Perso j'ai pas attendu MGS pour savoir qui je suis, ni connaitre mon identité ou pour réfléchir sur mes actes et leurs conséquences... Si c'est vraiment ce que voulait provoquer Kojima c'est raté chez moi (et chez un paquet d'autres joueurs surement). ^^
Rememberalamo Rememberalamo
11/04/2016 � 11:02
Big boss n'est qu'un mythe parmis tant d'autre . Nous somme qu'un simple spectateur de ce mythe , nous le convoitons chaque jours , nous le désirons , nous l'imitons à chaque geste pour ce rapprocher de ce mythe . Phantom pain rend ce mythe archaïque voire même inutile car il s'évapore sur sa Triumph et ce qu'il en reste n'est encore qu'une déception et c'est cela que veut nous faire partager Kojima , que ce mythe nous fais avancer , nous inspire mais que nous somme nous même acteur de notre vie et que nos choix nous sont propre . Big boss n'est qu'une métaphore , un phantom car son nom , son existence est flou . Ce big boss me renvoie à John Rambo , survivant du Vietnam anéanti par la guerre et qui sera une véritable machine de guerre et sera emprisonnée pour sa dangerosité et finira par etre recruté par Trautmann dans sa prison pour ses capacités hors du commun et big boss ressemble à ce personnage car il peut être dangereux pour le monde pour son idéologie mais utile pour son expérience légendaire du combat .
Pour moi ton analyse est juste parfaite car tu me rejoins sur les points qui me gratter le coin du cerveau et il est vrai que la frontière entre le virtuel et le réelle est bel et bien franchi par ce jeu car kojima voulait que l'on parle du myth encore et encore apres avoir deposer la manette , puis nous faire réfléchir sur nos actes , sur notre identité , sur qui nous sommes réellement.
sheen sheen
09/04/2016 � 15:22
Administrateur
@Fichte : Si tu avais mieux lu mon article, tu constaterais que ma conclusion et celle de cette vidéo se rejoignent toutes les deux. :)

Pour la énième fois, je n'affirme pas avoir la vérité absolue. Je partage juste MON interprétation avec MES propres arguments.

Comme on dit, peu importe la destination, c'est le voyage qui est intéressant...
Fichte Fichte
09/04/2016 � 15:02
Pour moi cette vidéo (très bien faite au demeurant je félicite l'auteur et j'invite tout fan de MGS à la visionner) vient complètement renforcer la théorie du Big Boss = Venom Snake... N'en déplaise à Sheen.

Ce débat est loin d'être terminé et c'est super. Personnellement je ne suis pas plus adepte d'une théorie plus qu'une autre mais ces enchainements de démonstrations me font kiffer !!!

J'en redemande :p
flying_fox flying_fox
09/04/2016 � 14:22
Que les partisans du "BB=Venom" prennent exemple là-dessus : www.youtube.com/watch?v=WfFu3qUP-Is

Comme le dit bien l'auteur de cette vidéo à la fin, son but n'est pas d'obtenir une réponse. Je pense qu'il a très bien compris qu'il n'y en a pas. Cette analyse est un exercice de style sur le thème "2+2=5".

Et, pour une fois, les "incohérences" sont calmement présentées, dans un ordre réfléchi, et ne sautent pas immédiatement à des conclusions abracadabrantes.
Fichte Fichte
09/04/2016 � 2:20
Bravo pour le travail fourni c'était très intéressant à lire.

Dommage que l'auteur adopte une attitude condescendante envers les adeptes de l'autre théorie et qu'il se pose en donneur de leçon détenant la vérité (bien qu'il s'en défende il en adopte pourtant le ton).

Cette seconde théorie qu'elle soit vraie ou non à au moins le mérite d'exister et d'enrichir le débat (d'ailleurs sans elle cet article n'aurait peut-être jamais exister). Les défenseurs de l'autre théorie mérite donc tout autant le respect et d'ailleurs comme le souligne très bien azertypp, les hallucinations de Paz (qui inclus Miller et Ocelot sur certaines séquences ) valident tout autant qu'elles invalident tout et n'importe quoi.

A partir de la personne et tout le monde peut avoir tort et raison à la fois.

J'aurais toutefois une question. On apprend en effet dans le jeu que c'est bien Zéro qui a l'idée du double et qui "invente" le Phantom et non pas Big Boss comme beaucoup le pensent .

Pourquoi fait-il celà puisque Skull Face ne souhaite pas vraiment la mort de Big Boss comme il le révèle à Paz ? ?
venomsnake venomsnake
09/04/2016 � 1:19
superbe analyse de sheen, et j ai aimer les dernière parole (je l avais dit il y quelque temps sur le forum, que se jeux avait une fin a la total recall) Et meme si je suis pourtant plus «partisan»de la fin schyzophrenique, je doit avouer qu apres cette analyse (genial).Il serait peut-être plus beau de jouer venom que big boss ,rien que pour le cadeau que nous offre kojima(nous laisser etre la legend).

Pour ce qui est du non viellisement de big boss , (mois aussi je suit identique 9 ans apres lol).Mais bon moi j ai 30 ans big boss 49 , il aurait put chopé un peut de cheveux blanc non?Surtout qu a un certaine age il les a super blanc.Mais bon quand on peut semer le doute...un kojima?
Snake-D-Nono Snake-D-Nono
08/04/2016 � 23:52
Très belle analyse en effet :-)
Ça fait toujours plaisir de voir autant d intéressement
XPAPAXLIQUIDUSX XPAPAXLIQUIDUSX
08/04/2016 � 21:49
@sheen que tu ait tort où raison ton interprétation est belle et je vais même te copier en te l'empruntant ! Oui je n'ai pas tout compris de ce jeux mais j'y vois déjà plus clair ! Juste dommage qu'il faille à ce point discuter sur le sens d'une oeuvre plutôt que d'avoir une explication clair et précise ! Mais ce n'est que mon avis puisque là fin de insception ma ( un peut ) fait ch... ! J'aime bien qu'ont me raconte une histoire jusqu'au bout mais bon ! Quoiqu'il en soit je trouve même mieux ton interprétation que le scénario en lui même ! Merci sheen
SHAUNGRILA SHAUNGRILA
08/04/2016 � 15:24
super article par contre il y a un point qui me chicotte encore est le temps (a moins que j'ai mal vue dans l'article le sujet qui parlait de sa) mais le temp a beaucoup d'incoherence lorsque ocelot rencontre le vrais big boss et ou ocelot va chercher venom!
azertyxpp azertyxpp
08/04/2016 � 14:46
Le truc c'est qu'on a beau trouver toutes les théories qu'on veut baser sur des incohérences ou quelconque logique pour le camp Venom= BB ou l'autre, il y a juste à dire que si il a halluciné toutes les séquences avec Paz qui inclut pourtant Kaz et Ocelot dans des dialogues, à partir de la aucuns arguments, preuves d'incohérences... n'est recevable on peut mettre ça sur le dos d'une hallucination qui elles même engendrerai des incohérences, si il a halluciné un truc aussi gros avec des interactions avec des personnages principaux.

Ça vaut pour tous les camps, tout aussi bien tout le jeu est une hallucination, on peut amener tous les éléments qu'on veut c'est sans fin et personne ne peut avoir raison avec l' "élément Paz" ça invalide tout d'emblée.
S0LIDUS SNAKE S0LIDUS SNAKE
08/04/2016 � 6:14
Très bel article, un peu trop visé à "débunker" une théorie farfelue par des fans un peu trop frustrés...

Honnêtement comment Venom pourrait imaginer la conversation finale entre Ocelot et Miller? Comment pourrait-il imaginer une conversation qui fini bel et bien par se concretiser? À savoir que Miller aide Solid Snake et que Liquid soit aidé de Ocelot.

Comment expliquer les "tapez" où on apprend que Zero lui même avait trouvé le moyen de recréer Big Boss?

Big Boss serait un Schiso-devin?

Honnêtement, comment expliquer les "Facts" enumérés à la fin qui dictent chronologiquements les faits marquant comme la mort du Phantom lors de la crise de Outer Heaven?

Une belle analyse mon chèr mais je ne crois pas qu'un ton aussi moralisateur ou plutôt une intention d'éduquer des gens qui auraient mal compris le jeu soit nécéssaire, on frole ici le débat de forum commun.

Encore une fois "though" superbe plume et surtout une analyse juste et quand même une belle considération pour l'autre point de vue.

flying_fox flying_fox
07/04/2016 � 23:59
Le "Big Boss did nothing wrong" a toujours la cote, je vois ! Quel plaidoyer, c'est remarquable, je vais le relire religieusement tout en écoutant youtu.be/F43DqnMoWi0
sheen sheen
07/04/2016 � 22:03
Administrateur
Je n’ai jamais prétendu avoir la vérité absolue. J’expose juste mon interprétation. Au contraire, j’espère que Hideo Kojima ne précisera pas la fin de MGSV (voir la conclusion de l'article).
liquid liquid
07/04/2016 � 21:49
Encore une fois c'est ta façon de voir les choses, pas la vérité absolue.
Et encore une fois c'est zéro qui a transformé Venom pendant que big boss était dans le coma. Personne ne l'a obligé à faire de la chirurgie esthétique, ça on en est sur puisqu'on le vit dans le jeu.
A la fin de mgs V tout le monde s'est plus ou moins senti trahi par le twist. Il faut alors trouver un coupable, pour toi c'est big boss, pour d'autres c'est Kojima.
Après ce que le personnage de Big Boss a accompli ( mgs3, PW, etc ), penser qu'il est un lâche et qu'il agisse comme tel est assez étrange... même si il a ses défauts.
J'espère que Kojima mettra les choses au clair sur la fin, je doute que son intention etait de faire passer le personnage auquel il s'identifie pour un lâche.
sheen sheen
07/04/2016 � 21:32
Administrateur
@liquid : Big Boss est un lâche parce qu'il va faire subir un châtiment pire que la mort à son meilleur soldat, Venom Snake. Big Boss va lui enlever son identité, son visage, ses souvenirs et son passé pour qu’il puisse encaisser les coups à sa place, tandis que lui complote dans l'ombre. Venom a donné sa vie pour sauver son boss dans Ground Zeroes, et maintenant il hérite de son fardeau, il fait « un détour dans son voyage vers l'enfer ». Sans lui demander, il est obligé de terminer sa vie en supportant toute la haine du monde, pourtant ciblée contre le vrai Big Boss. La descente aux enfers annoncée par Hideo Kojima est bien là. Alors oui, à côté de ça, Big Boss est un poil plus en vacance, non ? Et puis, c’est vrai, Venom reçoit le titre de Big Boss, mais personne ne s’en souviendra, il n’est qu’un fantôme dans la saga.

C’est ça qui est bien avec Hideo Kojima, c’est qu’à l'instar d’un Walter White, ses personnages ne sont ni blancs ni noirs. La frontière est floue, même pour Big Boss…
liquid liquid
07/04/2016 � 20:52
@sheen C'est ton interprétation.
Voici la mienne :
Big Boss est ici ce qu'il a toujours été, un personnage non rancunier, ocelot lui a crevé un oeil et il ne s'est pas vengé ( il y a d'autres exemples ).
A t'entendre on dirait qu'il est allé siroter des cocktails à bora-bora. C'est loin de la réalité. Plutôt que de se venger et de détruire, il a construit, il a crée une nation pour les mercenaires, puisque apparement une plateforme pétrolière ça se détruit assez facilement (pendant que Kaz vit dans le passé et refait la même chose).
Met toi à sa place, il se réveille, voit son meilleur soldat dans le coma et on lui dit que sa personnalité a été implantée dans ce soldat pour servir d'appat... avec Ocelot, Kaz et les diamond dogs a ses cotée Big boss savait qu'il réussirait.
Admettons que venom se soit réveillé non hypnotisé, que serait il devenu ? Un estropié de guerre, inconnu de tous. Là le mec s'est réveillé en légende adulée et à pris le contrôle d'une base avec des centaines d'hommes sous son commandement.
A ton avis, qu'est-ce qu'un soldat comme lui admirant Big Boss ( et s'étant sacrifié pour lui ) aurait préféré ?
C'est plus un cadeau qu'autre chose, comme le dénouement de ce mgs est censé être un cadeau pour le joueur.
Pour ce qui est de Kaz on ne sait pas ce qu'il s'est passé après 1984, on ne sait pas si cet abandon était définitif ou si il a voulu recontacter Kaz une fois sa nation contruite. Etant donné que venom snake a pris le contrôle de Outer Heaven et que Kaz ne la pas suivi... ça ressemble a la deuxième option.
Manji Manji
07/04/2016 � 19:42
Je partage tout à fait l'optique de cet article et félicite l'auteur pour son travail.
sheen sheen
07/04/2016 � 18:07
Administrateur
@tous : Merci beaucoup, ça fait chaud au cœur. :)

@Rom1 : Si tu veux reformuler ta citation, fais moi signe. ^^

@Liquid : Comme je l'ai écrit dans cet article, même si c'est le plan de Zero, à partir du moment où Big Boss l'accepte, il fuit ses responsabilités. Venom n'avait pas encore changé de visage, donc Big Boss pouvait refuser ce plan. Mais il a préféré tromper Kaz et ses hommes pour partir tranquillement, que ce soit pour une bonne cause ou non. Alors, oui c'est une forme de lâcheté. Big boss est humain après tout. Il a des faiblesses. C'est tout le charme de ce personnage, aussi légendaire soit-il.

Il est évident que Big Boss a de l'affection pour Venom Snake. Non seulement ce dernier l'a protégé dans l'hélicoptère, mais en plus il a réussi à faire ce qu'on attendait de lui.
janetti janetti
07/04/2016 � 17:34
Tous simplement sublime!
Grand bravo à l'auteur!
Et pour reprendre la vision de Rom1 sur la conversation final entre Ocelot et Miller, dès que j'ai fini V à 100%, j'étai l'incarnation de Kaz.
En gros, j'avais passé 200 heures sur cet oeuvres à vraiment prendre du plaisir sur le gameplay mais par contre, je n'avais jamais été autant frustré par une oeuvre vidéoludique. Même incarner Raiden dans MGS2 Substance était de loin moins éprouvant...
Et puis avec les semaines qui ont passées, j'ai vraiment saisie le sens de ce jeu. Et quel jeu bordel!
MgsV, c'est le genre de jeu où toute la vision de Mr Kojima-San te pénètre petit à petit et ce site m'a beaucoup aidé aussi à finalement devenir ce Shalashaska serein et accepter la réalité de cet oeuvre et pour moi maintenant, cet oeuvre est une de mes meilleurs experiences en tant que joueur, et j'espère sincèrement que tous les fans qui sont encore blasés par la fin, puissent prendre du recul pour devenir cet Ocelot. :)
liquid liquid
07/04/2016 � 17:03
Je suis pas d'accord quand vous dites que Big Boss est un lâche.
Ce n'est pas big boss qui est responsable de la transformation de Venom, c'est zero.
Big boss était dans le coma pendant la transformation de venom, il a été mis devant le fait accompli et a accepté la situation ( chose la plus sage, car il ne pouvais pas faire machine arrière ). Venom n'a fait que quelques jours de coma de plus que Big Boss.
Venom admirais big boss au point de se sacrifier pour lui.
Il n'a pas sacrifié Venom, au contraire il lui a donné le plus grand cadeau qu'il puisse lui donner : son titre. Le mec est passé du stade de médecin à celui de légende adulée, comme trahison il y a pire...
Dans la cassette de fin on sent bien que Big Boss a de l'affection et du respect pour Venom.
Dans cette histoire nous sommes venom snake, mais kojima est big boss, et il nous laisse les clef de la boutique pendant qu'il se consacre a des projets qui lui tiennent à coeur ( Outer heaven/ Autres jeux de kojima ), vous pensez vraiment que kojima ( qui aime le personnage qu'il a crée ) aurait transformé big boss en "lache" ?
Lire ce genre d'affirmations sur des forums bidons c'est normal, mais ici... c'est décevant.
Pour ce qui est de Kaz...
Mettre une amitié entre parenthèse afin de créer une nation qui puisse combattre cipher ne me semble pas un acte de lacheté. C'est plutôt Kaz qui est égoiste de donner la priorité à ses sentiments plutot qu'a l'avenir du monde lorsqu'il veut détruire Big Boss.
thunderdrumt thunderdrumt
07/04/2016 � 16:01
Un article qui transpire la passion ! Bravo ! :)

@flying_fox:
Qu'est-ce qui est insupportable dans ce débat? Son sujet ou ceux qui y participent et qui méprisent leurs interlocuteurs en les martelant d'un "j'ai raison, vous avez tord"?
Il y a 1984 façons de se voiler la face sur la "vérité" dans son état le plus littéral mais aussi sur son aspect le plus ambigu. S'appuyer sur des détails techniques pour conforter sa vision, n'importe qui peut le faire, quelque soit son "camp".

Le fait que Big Boss n'ait pas vieilli en 9 ans, c'est un détail pour les uns et c'est aberrant pour les autres.
Le fait que Huey ne reconnaisse pas Snake, c'est un détail pour les uns et c'est aberrant pour les autres.

N'importe qui peut se raccrocher à n'importe quoi en fonction de ce qui l'arrange, donc même si la réponse de Sheen est très bien écrite, très bien documentée, et que j'adhère à une grande partie des arguments qui y sont décrits, elle n'est en rien "définitive" (d'ailleurs, au vu des derniers paragraphes, je ne pense pas que lui-même l'affirme).

The Phantom Pain ne nous martèle rien, contrairement à Guns Of The Patriots. La mise en scène et la narration vont dans ce sens.

Et puis, à partir d'où commence le mensonge? Dans la falsification de la "vérité" dans sa totalité ou dans une partie seulement? La "vérité: Venom double de Big Boss" entre-t-elle en contradiction avec la "théorie: Ishamel et Venom sont tous les deux des doubles de Big Boss?"
Cette théorie, certains la trouvent ridicule, d'autres la trouvent séduisante (car elle-même implique des possibilités paradoxales: soit Big Boss s'est évanoui dans la nature, soit il n'a pas survécu au crash ce qui serait intolérable pour beaucoup de monde, dont les individus ayant la capacité de désinformer à grande échelle, jusqu'à l'autre côté de l'écran).

Sur le scénario qui nous est donné, il n'y a qu'une certitude: "Il n'y a pas de faits, il n'y a qu'interprétations". En ce sens:
_Big Boss n'a jamais été schizophrène
_Big Boss n'a jamais eu de double

Pour le reste...
Arikado Arikado
07/04/2016 � 14:06
Très bonne analyse, doit y'avoir un travail fou derrière tout ça. . . Et ça doit impliquer aussi de se replonger dans le livre 1984. Il faudrait que je le relise d'ailleurs. Et aussi me procurer Moby Dick, que je n'ai encore jamais lu.

De nombreux points que je partage étant moi même partisan de la première théorie.
Dave Dave
07/04/2016 � 12:43
Tout d'abord félicitations pour ce travail d'une très bonne qualité (à faire rougir ceux qui s'appellent "professionnels du jeu vidéo" et qui se permettent de tester sans vraiment comprendre l’œuvre qu'ils ont en face, mais c'est un autre débat).
Comme beaucoup je n'étais pas à l'aise avec la fin que proposait MGSV, je trouvais cela trop facile. J'étais dérouté, énervé, et puis après plusieurs semaines j'ai accepté mon rôle, celui que le jeu voulait m'endosser.
Enfin non, j'ai accepté d'être Big Boss mais à ma façon (par exemple je suis contre la construction des armes nucléaires, "l'autre Big Boss" serait pour, et puis comme tu le dis la liberté d'action que nous procure le jeu nous permet à chacun d'être Big Boss à sa manière).

Je comprends parfaitement les partisans de la théorie de Venom = Big Boss, à vrai dire je l'étais au début.
Une des raisons je pense était la frustration de ne pas jouer Big Boss (Coup de maître de Kojima).
Mais le message du jeu comme tu l'as si bien dit en serait amoindri.

MGSV n'est pas parfait, mais les émotions qu'ils procurent, la réflexion sur notre société, sur notre rapport à la culture, au langage, à ce qui nous unit, fait de lui un jeu unique dans son genre, et qui fait du bien face aux "jeux traditionnels" que je trouve d'une platitude accablante.
Noth Noth
07/04/2016 � 11:29
Comme d'autres l'ont dit avant moi, je tiens à te féliciter pour cet article très documenté et sourcé. C'est grâce à ce travail que je passe tous les jours depuis maintenant presque dix ans.

J'ai particulièrement apprécié la fin, montrant que tu as bel et bien assimilé la citation de Nietzsche, ne souhait pas imposer ta vérité à l'aide d'un marteau. De plus, la métaphore avec l'héritage de The Boss est parfaite, on a ici une transposition très bien trouvée qui boucle la boucle au sein même de ce débat.
Rom1 Rom1
07/04/2016 � 9:00
Houa la claque ! Quel article, quelle dévotion. Voila de quoi éclairer les débats. Et c'est là la magie de ce Metal Gear, tout comme MGS 2, il fait et fera encore longtemps débats.

A lire à tête reposée pour en savourer chaque ligne.

@shadowtief: si j'avais su, j'aurai formulé mon idée dans un français plus correct. Là, on dirait un belge qui parle :p

:p
BigBoss27 BigBoss27
07/04/2016 � 1:28
Superbe analyse. Je suis clairement du côté de la 1ère théorie, mais je peux comprendre qu'on puisse être adepte de la seconde. En tout cas, Hidéo Kojima a bien réussie son pari, on parlera de ce jeu encore un bon moment ^^.
shadowtief shadowtief
07/04/2016 � 0:59
Et Rom1, ca fait quoi d'etre cité dans un article de cette qualité ? ^^
XPAPAXLIQUIDUSX XPAPAXLIQUIDUSX
06/04/2016 � 23:33
Début de MGS 1 Campbell dit à Snake lors du briefing que le corp de BigBoss a été retrouver et conserver en cellule de cryogenie ! A la fin de MGS 4 , ont découvre avec stupeur que BigBoss est toujours en vie ! Alors qui était au congélateur ? Venom ! Donc pour reprendre le débat que nous avions voilà mon dernier avis sur le sujet ! Je suis déçu que c'est le dernier MGS de Kojima car vivre les événements de BigBoss m'aurait beaucoup plus plut ! Toutefois , cette épisode était indispensable pour rejoindre les début de MG et MGS ! De plus , oui la manipulation de personnalité est plus que présent dans le 4ieme épisode puisque Ocelot devient carrément schizophrène à force de ce persuadés d'être Liquid ! Donc si MGS il doit y avoir , j'espère que ce sera avec BigBoss ! Quoiqu'il en soit , je me suis trompé sur Venom mais espère quand même un épisode avec BigBoss pour réellement conclure la saga !
flying_fox flying_fox
06/04/2016 � 23:21
Superbe réponse définitive à un débat insupportable (mais compréhensible).

Au-delà du contenu, la mise en forme est peu commune, très réussie. Elle participe à rendre les arguments évidents, à rappeler des souvenirs essentiels de la "période de teasing". Vraiment du bon travail !

Tout est dit, je pense, avec "l'affaire Mogren" : la réaction instinctive des joueurs a été d'ignorer les implications symboliques et prophétiques de cette interview, pour se focaliser sur un débat technique absurde, inventé de toutes pièces et surtout très confortable.

C'est à peu près ce qui s'est passé, pour certaines personnes, avec TPP tout entier. Le débat technique est toujours le plus confortable, surtout quand la seule alternative est cette horrible et pesante humilité provoquée par le final du jeu.

Il y a effectivement au moins 1984 façons d'interpréter TPP... Mais aussi 1984 manières de se voiler la face, avec des faits... De continuer à croire que "la vérité" sera révélée en se demandant si le mec à l'écran est en images de synthèse ou pas.
Djoey Djoey
06/04/2016 � 21:42
Bon pavé !
Reboost Reboost
06/04/2016 � 20:48
Merci infiniment pour ce pavé avec lequel je me suis régalé, ces interprétations sont censés et logique. De plus tu m'a donner envie de lire 1984. La série Metal Gear m'avais mis le pied à l’étrier sur cette philosophie, et tu as exposé ce que je pensais comprendre. Merci infiniment :)
oldboss oldboss
06/04/2016 � 20:32
Fiouuu, sous la couette avec un chocolat chaud. ça se savoure tout ce contenu !
Pancho Pancho
06/04/2016 � 19:53
Un bel article, ce MGS n'a pas fini de faire parler de lui !
shadowtief shadowtief
06/04/2016 � 18:12
Oulala, cet article c'est du lourd, je vais me poser calmement pour tout re lire ce soir ^^

C'est ce genre d'article que j'aime sur ce site ! Merci Sheen



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